Le drone d'imagerie radar à synthèse d'ouverture (SAR) mis au point par Henrik Forstén franchit une nouvelle étape. Plus d'un an après la première version de son appareil, l'ingénieur a non seulement amélioré la netteté des images radar, mais aussi étendu son logiciel pour générer des images interférométriques à haute résolution. Cette évolution permet désormais de détecter l'altitude des objets survolés, une capacité qui manquait à la version initiale.
La principale limite du système d'origine tenait à la précision du GPS, dont la résolution d'environ un mètre limitait la qualité des images. Pour y remédier, Henrik Forstén a ajouté un récepteur GPS compatible RTK (Real-Time Kinematic). Ce type de récepteur s'appuie sur une station terrestre fixe qui transmet en continu un signal de correction, ce qui permet d'atteindre une précision de l'ordre de quelques centimètres. Comme le drone n'a pas besoin de connaître sa position en temps réel, il peut également recourir au positionnement PPK (Post-Processing Kinematic), qui compare les signaux GPS enregistrés après le vol pour obtenir une précision équivalente.
Le créateur a aussi apporté plusieurs améliorations matérielles. Il a notamment stabilisé la boucle à verrouillage de phase utilisée pour générer le balayage de fréquence du radar. L'interface de carte SD du FPGA de contrôle manquait de bande passante pour enregistrer les données en temps réel : il a donc implémenté un algorithme de compression simple et rapide pour accélérer ce processus. Ces ajustements contribuent à la fiabilité et à la qualité des enregistrements.
L'apport le plus significatif reste toutefois le développement d'un programme d'imagerie interférométrique. Le drone effectue deux fois le même trajet à des altitudes différentes. En comparant les informations de phase issues de ces passages, il devient possible de détecter l'élévation d'une cible. Habituellement, le programme radar suppose une élévation constante, ce qui donne l'impression que les objets hauts penchent vers la source radar. Un interférogramme permet au contraire de générer une carte d'élévation détaillée, corrigeant cette distorsion.
Henrik Forstén n'en est pas à son premier essai en matière de radar à synthèse d'ouverture. Il avait déjà conçu une version montée sur vélo ainsi qu'un système SAR à petit budget. Ces travaux s'inscrivent dans une démarche de démocratisation de cette technologie, longtemps réservée aux institutions disposant de moyens importants. La combinaison d'un drone, d'un radar compact et d'un traitement logiciel avancé ouvre la voie à des applications de cartographie précise à coût réduit.
Avec l'imagerie interférométrique, le système peut désormais produire des représentations en trois dimensions du terrain et des structures observées. Cette capacité pourrait intéresser des domaines variés, de la topographie à la surveillance d'infrastructures, en passant par la recherche environnementale. Le projet illustre comment des améliorations progressives, tant matérielles que logicielles, transforment un prototype expérimental en un outil de mesure de plus en plus complet.