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Le documentaire d'A24 sur Elizabeth Holmes cartonne aux États-Unis mais reste invisible hors d'Amérique du Nord

« You Can See Everything », le documentaire de trois heures de Nathan Fielder sur la fondatrice déchue de Theranos Elizabeth Holmes, a rapporté 15,6 millions de dollars lors de son week-end d'ouverture aux États-Unis. Mais A24 n'a pas encore annoncé de date de sortie pour le reste du monde, laissant les spectateurs internationaux dans l'attente.

Le documentaire « You Can See Everything » de Nathan Fielder, consacré à la fondatrice déchue de Theranos Elizabeth Holmes, s'impose comme l'une des surprises au box-office de l'année. Le film, distribué par A24, a récolté 15,6 millions de dollars lors de son week-end d'ouverture aux États-Unis, selon les chiffres rapportés par Variety. Une performance remarquable pour un documentaire de trois heures, qui a déclenché une vague de gros titres, de spoilers, de mèmes et de discussions en ligne.

Mais cette effervescence reste pour l'instant strictement nord-américaine. En dehors du Canada et des États-Unis, les spectateurs n'ont toujours pas de date de sortie. A24 n'a pas communiqué de calendrier pour les marchés internationaux, ce qui place le public européen, asiatique ou sud-américain dans une position d'attente difficile à vivre à l'heure des réseaux sociaux. Car le film est déjà devenu un phénomène culturel aux États-Unis, et les internautes du monde entier en voient les extraits, les réactions et les analyses circuler sans pouvoir le voir eux-mêmes.

Cette stratégie de sortie décalée n'est pas nouvelle pour A24. Le studio indépendant américain a souvent privilégié des lancements progressifs, marché par marché, plutôt qu'une diffusion mondiale simultanée. Ce choix permet de concentrer les efforts marketing sur un territoire à la fois, de maximiser le bouche-à-oreille et de négocier des accords de distribution locaux au cas par cas. Mais il crée aussi un décalage croissant entre les spectateurs connectés, qui suivent l'actualité culturelle américaine en temps réel, et ceux qui doivent attendre des mois, voire ne jamais voir le film en salle.

Le cas de « You Can See Everything » est d'autant plus sensible que le sujet du film — Elizabeth Holmes, fondatrice de Theranos condamnée pour fraude — dépasse largement les frontières américaines. L'affaire Theranos a été suivie dans le monde entier, et l'intérêt pour un documentaire signé Nathan Fielder, connu pour ses projets expérimentaux et son humour absurde, est réel sur tous les continents. Le contraste entre l'engouement américain et le silence international autour de la distribution souligne les limites d'un modèle de sortie encore très centré sur le marché nord-américain.

Pour les exploitants de salles et les distributeurs européens, cette situation est familière. Les films A24 arrivent souvent en France, au Royaume-Uni ou en Allemagne avec plusieurs mois de retard, parfois directement en vidéo à la demande. La question qui se pose désormais est de savoir si le succès américain du documentaire accélérera la conclusion d'accords internationaux ou si, au contraire, A24 continuera de faire durer le mystère autour de sa diffusion mondiale.

En attendant, le public français devra se contenter des échos américains. Les spoilers circulent déjà, les débats sur les méthodes de Nathan Fielder agitent les forums, et la curiosité ne fait que croître. Reste à savoir si cette attente prolongée servira le film ou finira par lasser un public habitué à un accès immédiat aux contenus. A24 n'a, pour l'instant, donné aucune indication sur ses intentions.

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