Le studio de design australien Clandestine présente le Cellcius C-01, un concept de moto électrique hypersport dont l'architecture repose sur des batteries modulaires amovibles. L'objectif affiché est de sortir du dilemme qui structure aujourd'hui le marché du deux-roues électrique : subir le poids considérable des machines de piste à forte capacité, ou se contenter de l'autonomie limitée des petits modèles urbains. « Le défi consistait à éliminer ce compromis », résume l'équipe de conception.
Le cœur du projet est un écosystème baptisé « Hex-Core ». Au lieu d'une batterie interne fixe, le C-01 embarque huit cellules de 3 kWh, échangeables à chaud. Le pilote peut n'en charger que deux pour ses trajets quotidiens, ou les huit pour disposer de la portée maximale sur circuit. La performance du véhicule n'est donc plus figée par le poids d'un accumulateur unique : elle devient une variable que l'utilisateur ajuste selon son usage immédiat.
Cette modularité répond aussi à un problème d'infrastructure. Pour les citadins vivant en appartement, l'accès à une borne publique reste un frein majeur à l'adoption du véhicule électrique. Clandestine a donc prévu un dock intelligent mural permettant d'échanger les cellules à domicile, sans dépendre du réseau de recharge public. Les modules peuvent être chargés aux heures creuses ou alimentés par une installation solaire, une piste que le studio présente comme un pas vers une meilleure intégration aux réseaux électriques intelligents.
Sur le plan technique, le concept s'attaque également à la gestion thermique. Les motos électriques de haute performance doivent évacuer la chaleur issue des phases de vitesse soutenue, généralement au prix de systèmes de refroidissement liquide lourds et encombrants. Le C-01 opte pour une queue « Venturi » à circulation naturelle, qui aspire l'air chaud du châssis lorsque la moto est en mouvement. Le studio revendique ainsi un niveau de gestion thermique comparable à celui d'une hypercar, sans recourir à un circuit liquide massif.
La transmission abandonne la chaîne au profit d'un arbre de transmission en carbone sans entretien, ce qui réduit le bruit et la masse non suspendue, au bénéfice du comportement routier. L'ensemble dessine une machine ultra-premium dont l'ambition dépasse la seule ingénierie : Clandestine imagine une gamme d'accessoires autour du standard Hex-Core, comme des bagages moulés sur la forme des cellules ou des stations d'alimentation portables de type Vehicle to Load, capables d'alimenter d'autres appareils.
Le discours commercial du studio insiste sur la démocratisation de la haute performance électrique. En dissociant la puissance embarquée du poids fixe des batteries, le C-01 permettrait à des motards sans garage équipé d'accéder à des machines premium, jusque-là réservées à ceux qui disposaient d'une recharge dédiée. Le concept vise ainsi un public plus large, présenté comme plus jeune et plus urbain.
Il convient toutefois de souligner qu'il s'agit d'un exercice de design. Clandestine n'a annoncé aucun projet de production pour le Cellcius C-01, et les caractéristiques techniques comme les huit cellules de 3 kWh ou la queue Venturi relèvent de la démonstration conceptuelle. Le projet a néanmoins le mérite de poser une question concrète à l'industrie : et si l'autonomie d'un deux-roues électrique cessait d'être une donnée fixe pour devenir un choix, ajustable au fil des trajets et des saisons ?