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La génération Z n’a pas déserté les salles, elle réclame des films plus audacieux

Contrairement aux idées reçues, la génération Z continue d’aller au cinéma. Mais elle se détourne des reboot et réclame des œuvres originales, comme le prouve le succès viral de « Obsession » et « Backrooms ».

La génération Z n’a pas tourné le dos aux salles obscures. Elle en attend simplement davantage que des énièmes reboot ou des suites sans surprise. C’est ce que révèle l’engouement récent pour deux productions au succès viral inattendu : « Obsession » et « Backrooms ». Ces deux œuvres, portées par le bouche-à-oreille sur les réseaux sociaux, démontrent que les jeunes spectateurs sont prêts à se déplacer pour des récits originaux, surprenants et audacieux.

Loin du cliché d’une génération rivée à ses écrans et indifférente à l’expérience collective, la réalité est plus nuancée. Les spectateurs nés entre la fin des années 1990 et le début des années 2010 fréquentent toujours les cinémas, mais ils se montrent nettement plus sélectifs. Leur exigence : des histoires nouvelles, des univers inédits et une prise de risque artistique. Les franchises recyclées, les préquels, les suites et les adaptations interchangeables ne suffisent plus à les attirer dans les fauteuils rouges.

Le phénomène « Obsession » et « Backrooms » illustre parfaitement cette tendance. Ces films, qui ne reposaient sur aucune licence établie ni sur un marketing massif, ont trouvé leur public grâce à une diffusion organique sur les plateformes sociales. Les extraits, les théories de fans et les discussions autour de leur univers ont créé un engouement tel que les salles ont affiché complet dans plusieurs grandes villes. Pour de nombreux observateurs, c’est la preuve que la créativité et la nouveauté restent les meilleurs arguments pour ramener la jeunesse au cinéma.

Cette défiance envers les reboot ne date pas d’hier. Depuis plusieurs années, les studios hollywoodiens misent sur la nostalgie et les marques connues pour limiter les risques financiers. Résultat : une profusion de remakes, de suites et de spin-offs qui finit par lasser. La génération Z, qui a grandi dans un environnement culturel saturé de références et de redites, aspire à autre chose. Elle veut être surprise, déstabilisée, émue par des propositions qui ne ressemblent à rien de déjà vu.

Les salles obscures conservent pourtant une place particulière dans le cœur des jeunes adultes. Le grand écran, le son immersif et l’obscurité partagée offrent une expérience que le streaming ne peut pas reproduire. Mais cette expérience doit être justifiée par la qualité de l’œuvre. À l’heure où les plateformes proposent des catalogues infinis, le cinéma doit se réinventer pour offrir ce que la télévision ne peut pas : des spectacles pensés pour le format géant, des récits qui exigent d’être vus dans de bonnes conditions.

Les succès de « Obsession » et « Backrooms » envoient un signal clair aux producteurs et aux distributeurs. Les jeunes spectateurs ne sont pas perdus pour le cinéma ; ce sont les studios qui doivent les reconquérir en acceptant de prendre des risques. Financer des projets originaux, donner leur chance à de nouveaux réalisateurs, oser des formats hybrides entre horreur, thriller et expérimentation : voilà peut-être la recette pour remplir à nouveau les salles.

La balle est donc dans le camp de l’industrie. Si elle continue de miser sur la répétition, elle prend le risque de voir la génération Z se détourner définitivement. Si, au contraire, elle écoute cette demande de fraîcheur et d’audace, elle pourrait bien découvrir que le public le plus jeune est aussi le plus fidèle, à condition qu’on lui offre des films dignes de ce nom.