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Procès de Russell Brand : une ex-salariée de MTV dit avoir tué son témoignage par peur de paraître « problématique »

Au tribunal de Southwark à Londres, une ancienne employée de MTV a expliqué avoir tardé à signaler un viol qu'elle impute à Russell Brand, par crainte des répercussions dans l'industrie médiatique. Une quatrième plaignante a également témoigné.

Une ancienne collaboratrice de MTV a déclaré devant la justice britannique qu'elle n'avait pas signalé dans un premier temps le viol qu'elle impute à Russell Brand parce qu'elle redoutait d'être perçue comme « problématique » par son employeur. Son témoignage a été livré lundi à la Southwark Crown Court, à Londres, dans le cadre du procès de l'ancien présentateur et comédien.

La plaignante a expliqué avoir craint que son signalement ne se retourne contre elle dans un secteur où, selon elle, les structures protègent d'abord leurs propres intérêts. Elle a évoqué la peur d'être cataloguée comme une source de difficultés plutôt que comme une victime cherchant réparation. Ce récit place la question des rapports de pouvoir au cœur des débats du procès, qui se tient sous le regard attentif des médias britanniques.

Russell Brand est poursuivi pour trois chefs de viol, trois chefs d'agression sexuelle et un chef d'attentat à la pudeur. Il conteste les accusations. Le procès, qui se déroule à Londres, doit examiner les faits allégués sur une période remontant aux années 2000, lorsque l'accusé occupait une place importante dans le paysage audiovisuel et radiophonique outre-Manche.

Mardi, une quatrième plaignante est venue compléter la série de témoignages. Cette femme, qui travaillait à Capital Radio au début des années 2000, a affirmé avoir été victime d'une agression sexuelle « violente » de la part de Russell Brand à l'époque où elle était employée par la station. Son audition s'ajoute à celles des trois autres accusatrices déjà entendues par la cour.

L'affaire illustre la difficulté persistante, pour les victimes présumées, à faire valoir leurs droits lorsqu'elles évoluent dans le même milieu que la personne mise en cause. La crainte de perdre son emploi, de voir sa carrière brisée ou de ne pas être crue constitue un obstacle récurrent dans les affaires d'agressions sexuelles, en particulier lorsque les faits remontent à plusieurs années et que les relations professionnelles sont déséquilibrées.

Le procès se poursuit à Londres, où les parties doivent encore présenter leurs arguments. Les débats devraient permettre d'éclairer les circonstances entourant les accusations portées contre Russell Brand, ainsi que le contexte professionnel dans lequel les faits allégués se seraient produits. La cour devra ensuite se prononcer sur la culpabilité de l'accusé, qui encourt une peine de prison en cas de condamnation.

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