Daniel Siad, un recruteur de mannequins dont le nom était apparu dans les documents liés à l’affaire Jeffrey Epstein, a été retrouvé mort à son domicile de Colombes, dans les Hauts-de-Seine, lundi 20 juillet. L’homme était soupçonné par la justice américaine d’avoir agi comme rabatteur pour le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein, décédé en 2019 dans des circonstances controversées.
Selon les informations recueillies, le corps de Daniel Siad a été découvert à son domicile, et une enquête a été ouverte par les autorités françaises pour déterminer les causes exactes de son décès. Les premiers éléments ne permettent pas encore de conclure à une mort naturelle ou à une intervention extérieure, mais les investigations sont en cours.
Daniel Siad, âgé d’une cinquantaine d’années, était connu dans le milieu du mannequinat et avait été interrogé à plusieurs reprises dans le cadre de l’affaire Epstein. Il avait notamment publié une vidéo sur le réseau social X en février 2026, dans laquelle il se défendait en affirmant n’avoir « rien à se reprocher » dans cette affaire. Cette vidéo, tournée face caméra, avait suscité l’intérêt des enquêteurs américains, qui le considéraient comme un intermédiaire clé dans le réseau de recrutement de jeunes filles pour le compte du milliardaire.
L’affaire Jeffrey Epstein, qui a éclaté au grand jour en 2019, a impliqué de nombreuses personnalités du monde politique, économique et culturel. Epstein, accusé de trafic sexuel de mineures et de viols, avait été arrêté en juillet 2019 avant d’être retrouvé mort dans sa cellule de la prison fédérale de Manhattan, dans des conditions jugées suspectes par de nombreux observateurs. Depuis, plusieurs de ses complices présumés ont été poursuivis, et des documents judiciaires ont révélé l’ampleur de son réseau.
Daniel Siad était l’un des noms cités dans ces documents, notamment pour son rôle présumé de rabatteur, c’est-à-dire de recruteur de jeunes femmes et adolescentes destinées à être présentées à Epstein. Les enquêteurs américains avaient émis des demandes d’entraide judiciaire auprès des autorités françaises pour obtenir des informations sur ses activités, mais aucune charge formelle n’avait été retenue contre lui en France.
La mort de Daniel Siad intervient dans un contexte où plusieurs personnes liées à l’affaire Epstein ont connu des fins tragiques ou suspectes. En 2019, le milliardaire lui-même est mort en prison, et d’autres figures de son entourage ont été retrouvées mortes dans des circonstances non élucidées. Cette nouvelle disparition relance les interrogations sur les zones d’ombre qui persistent autour de ce vaste réseau criminel.
Les autorités françaises ont confirmé l’ouverture d’une enquête préliminaire, confiée à la police judiciaire des Hauts-de-Seine. Les premières constatations médico-légales devraient permettre de préciser les causes du décès. En attendant, les proches de Daniel Siad, ainsi que les avocats des parties civiles dans l’affaire Epstein, suivent de près l’évolution de cette enquête.
Cette affaire rappelle également les difficultés de la coopération judiciaire internationale dans les dossiers de trafic sexuel. Alors que les États-Unis continuent d’enquêter sur les ramifications du réseau Epstein, plusieurs pays, dont la France, ont ouvert leurs propres investigations. La mort de Daniel Siad pourrait compliquer ces efforts, en privant les enquêteurs d’un témoin potentiel clé.
En France, l’affaire Epstein a donné lieu à des auditions et à des perquisitions, mais aucune mise en examen n’a été annoncée à ce jour. Les associations de défense des droits des victimes réclament une transparence totale sur les investigations en cours et dénoncent les lenteurs judiciaires. La mort de Daniel Siad, survenue alors qu’il était sous le coup de soupçons graves, ne fait que renforcer leurs inquiétudes quant à la possibilité de faire toute la lumière sur ce scandale.