Les États-Unis ont franchi une nouvelle étape dans leur soutien à l'Ukraine. Donald Trump a promulgué une loi imposant de nouvelles sanctions à la Russie, première action majeure du Congrès contre Moscou depuis le retour au pouvoir du président républicain. Le texte cible notamment la flotte fantôme russe, Vladimir Poutine et d'autres hauts responsables russes.
La loi donne surtout à Donald Trump le pouvoir d'imposer des droits de douane pouvant atteindre jusqu'à 100 % sur les cinq principaux pays importateurs de gaz et de pétrole russes, dont la Chine et l'Inde. Une mesure qui vise à tarir les revenus énergétiques de Moscou et à peser sur les soutiens économiques du Kremlin.
Kiev s'est immédiatement félicitée de cette décision. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a salué « un outil extrêmement puissant capable de mettre un terme à cette guerre terroriste et de pousser la Russie à faire la paix ». Washington a par ailleurs annoncé être prêt à vendre à l'Ukraine 2,7 milliards de dollars de matériel de défense aérienne, comprenant des missiles, des lance-missiles, des radars antidrones et d'autres équipements, selon le département d'État.
En France, le Rassemblement national a réagi aux pressions russes. Dans un communiqué publié au lendemain d'une réunion à l'Élysée avec les forces politiques du pays consacrée aux crises géopolitiques, Marine Le Pen et Jordan Bardella ont affirmé que la Russie ne pouvait « espérer dicter directement ou indirectement la politique » de la France « par l'intimidation, la menace, la déstabilisation ou la pression psychologique ». La candidate du RN à la présidentielle 2027 et le patron du parti ont ainsi marqué leur refus des tentatives d'influence russes.
Sur le front diplomatique et militaire, l'Allemagne a vu l'un de ses généraux prendre la tête d'une instance clé de l'Otan. Carsten Breuer a été élu président du comité militaire de l'Otan pour trois ans. Selon le ministre allemand de la Défense, il aura pour mandat de répondre à une menace croissante, « principalement en provenance de la Russie ».
Ces développements interviennent au 1.669e jour du conflit, alors que les frappes russes continuent de viser les infrastructures ukrainiennes et que Kiev réclame toujours plus de systèmes de défense aérienne. La nouvelle loi américaine pourrait toutefois mettre du temps à produire ses effets, les droits de douane sur les importateurs de pétrole et de gaz russes devant encore être mis en œuvre par l'administration Trump.
La position du RN illustre la pression que Moscou exerce sur les partis européens, alors que plusieurs responsables politiques du continent ont dénoncé des tentatives de déstabilisation. La réunion à l'Élysée témoigne de la volonté française d'afficher un front uni face aux crises internationales, même si les divergences entre formations politiques restent vives sur la réponse à apporter à la Russie.
Avec cette loi, Washington envoie un signal fort à Moscou et à ses partenaires économiques. Reste à savoir si ces mesures suffiront à modifier le calcul du Kremlin, qui continue de miser sur l'usure des soutiens occidentaux à Kiev.