Les avocats des parties civiles ne sont pas convaincus. À l'issue de la reconstitution organisée vendredi 2 octobre entre Cagnac-les-Mines et Mailhoc, dans le Tarn, ils ont vivement critiqué la version livrée par Cédric Jubillar, principal suspect dans la disparition de son épouse Delphine, survenue en décembre 2020. Selon eux, l'exercice n'a pas permis de lever les zones d'ombre qui entourent cette affaire, mais a au contraire renforcé leurs doutes sur la sincérité du mis en cause.
« Cédric raconte tout et son contraire, il se met encore une fois en scène », a résumé l'un des conseils des parties civiles à l'issue de la reconstitution, qui a duré environ trois heures. Le même avocat a estimé que le suspect « s'enferme dans ses mensonges » et que sa démonstration, très attendue, n'a pas apporté les éclaircissements espérés. Les parties civiles, qui représentent les intérêts des proches de Delphine Jubillar, attendaient de cette étape procédurale qu'elle permette de confronter la version de Cédric Jubillar aux éléments matériels du dossier.
La reconstitution s'est déroulée sur deux sites distincts, à Cagnac-les-Mines, où résidait le couple, et à Mailhoc, où le corps de Delphine Jubillar n'a jamais été retrouvé. Elle visait à reproduire les déplacements et les gestes décrits par Cédric Jubillar lors de la nuit de la disparition. Mais pour les avocats des parties civiles, la mise en scène proposée par le suspect n'a pas résisté à l'épreuve des faits. Ils pointent notamment des incohérences entre ses déclarations successives et le déroulé de la reconstitution.
Cette étape intervient dans un dossier judiciaire particulièrement lourd. Delphine Jubillar, infirmière de profession, a disparu dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines. Malgré des recherches intensives, son corps n'a jamais été retrouvé. Cédric Jubillar, mis en examen pour homicide volontaire sur conjoint, clame son innocence depuis le début de l'affaire. Il comparaît devant la cour d'assises du Tarn, où son procès se poursuit dans un climat de forte tension médiatique.
Les avocats des parties civiles ont également souligné que la reconstitution n'avait pas permis de faire émerger de nouveaux éléments matériels susceptibles de faire progresser l'enquête. Ils estiment que Cédric Jubillar a une nouvelle fois livré un récit construit pour servir sa défense, sans répondre aux questions essentielles sur les circonstances de la disparition. « Il se met en scène », ont-ils répété, dénonçant une attitude qu'ils jugent peu compatible avec la gravité des faits reprochés.
De leur côté, les conseils de Cédric Jubillar n'ont pas souhaité commenter en détail le déroulement de la reconstitution, se contentant de rappeler que leur client bénéficie de la présomption d'innocence. Ils ont indiqué que la défense continuerait à contester point par point les accusations portées contre lui. Cette position maintient une distance nette entre les deux parties, alors que le procès doit se poursuivre dans les prochaines semaines.
L'affaire Jubillar, suivie avec attention dans tout le pays, reste marquée par l'absence de corps et par les nombreuses zones d'ombre qui entourent les dernières heures de Delphine Jubillar. La reconstitution de vendredi devait permettre de tester la crédibilité du récit de Cédric Jubillar. Pour les parties civiles, l'objectif n'est pas atteint : elles estiment que le suspect a une nouvelle fois échoué à convaincre, et que ses contradictions continuent d'alimenter les soupçons à son encontre.
Les débats doivent se poursuivre devant la cour d'assises du Tarn, où les jurés devront se prononcer sur la culpabilité de Cédric Jubillar. En attendant, les proches de Delphine Jubillar espèrent que le procès permettra de faire toute la lumière sur cette disparition, plus de cinq ans après les faits. La reconstitution, loin de clore le débat, a au contraire ravivé les tensions entre les parties et confirmé les profondes divergences qui traversent ce dossier.