Donald Trump a décidé d’exempter la Russie de nouvelles sanctions inscrites dans une loi récemment adoptée par le Congrès américain. Le décret présidentiel, publié par la Maison-Blanche le vendredi 16 octobre, intervient alors que l’Ukraine s’inquiète d’un possible désengagement de Washington à son égard.
La mesure signée par le président américain suspend l’application de sanctions qui avaient été votées par le pouvoir législatif. Elle s’inscrit dans la ligne d’un rapprochement assumé entre Donald Trump et Vladimir Poutine, que le locataire de la Maison-Blanche met en avant depuis plusieurs mois. La décision a été rendue publique au moment où les autorités ukrainiennes expriment ouvertement leurs craintes d’être lâchées par leur principal soutien occidental.
La Russie a réagi sans délai. Moscou a qualifié l’annonce de « moment historique », saluant une décision qui, selon elle, marque un tournant dans les relations entre les deux pays. Ce vocabulaire traduit la satisfaction du Kremlin, qui voit dans l’exemption accordée par Washington un signe d’apaisement après des années de sanctions occidentales.
À Kiev, en revanche, la décision est vécue comme un coup porté aux efforts de guerre. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déploré que Washington « récompense » Vladimir Poutine par cette mesure. Pour les autorités ukrainiennes, l’exemption affaiblit la pression exercée sur Moscou et risque d’encourager le Kremlin à poursuivre son offensive.
Le décret présidentiel ne supprime pas l’ensemble des sanctions américaines visant la Russie. Il suspend l’application des nouvelles mesures prévues par la loi votée au Congrès, ce qui permet à l’exécutif de garder la main sur le calendrier et l’ampleur des restrictions. Cette décision illustre la volonté de Donald Trump de conserver une marge de manœuvre diplomatique face à Moscou, au risque de fragiliser le consensus occidental sur l’Ukraine.
Le Congrès avait adopté ce texte pour durcir le régime de sanctions contre la Russie. En exemptant l’exécutif de son application, Donald Trump affaiblit la portée de la loi et confirme sa préférence pour une approche bilatérale avec Vladimir Poutine. La Maison-Blanche n’a pas précisé si cette exemption serait permanente ou temporaire.
La décision intervient dans un contexte de tensions au sein des alliés de l’Ukraine. Les Européens, qui maintiennent leurs propres sanctions contre la Russie, pourraient voir dans ce geste un signal de désengagement américain. À Kiev, les responsables politiques et militaires redoutent que cette exemption ne soit le prélude à une réduction de l’aide militaire et financière américaine.
Donald Trump, qui s’est entretenu à plusieurs reprises avec Vladimir Poutine, assume ce rapprochement. Il avait déjà évoqué la possibilité d’alléger les sanctions pour favoriser une issue négociée au conflit. Cette décision pourrait toutefois compliquer les discussions avec les partenaires européens, qui réclament une position commune face à Moscou.
Pour l’instant, le Kremlin n’a pas annoncé de contrepartie. La Russie continue de mener son offensive en Ukraine, et rien n’indique que cette exemption s’accompagne d’un geste de Moscou en faveur d’une désescalade. Les chancelleries occidentales suivent de près les conséquences de cette décision sur l’équilibre des forces en Europe de l’Est.