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« Notes of Deception » : une musicienne raconte son code musical face au KGB

Dans « Notes of Deception », Merryl Goldberg raconte comment, jeune musicienne au sein du Klezmer Conservatory Band, elle a inventé un code musical pour communiquer avec les Juifs soviétiques refuseniks lors d'une tournée clandestine en URSS, sous la surveillance du KGB.

NOTES OF DECEPTION
« Notes of Deception » : une musicienne raconte son code musical face au KGB
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Dans « Notes of Deception », Merryl Goldberg revient sur un épisode méconnu de la guerre froide où la musique est devenue un outil de résistance. Étudiante au New England Conservatory of Music, elle rejoint le Klezmer Conservatory Band, un ensemble qui perpétue les danses juives traditionnelles d'Europe de l'Est. Quatre membres du groupe, bouleversés par le sort des Juifs soviétiques privés du droit d'émigrer, décident de former un quatuor pour se rendre en Union soviétique et rencontrer les refuseniks.

L'objectif de cette tournée était double : permettre aux Juifs isolés et aux dissidents de nouer des liens avec leurs alliés américains, tout en rendant publique leur situation. Pour transmettre des informations sur les musiciens soviétiques sans éveiller les soupçons du KGB, Merryl Goldberg imagine un système de code musical où chaque note d'une mélodie écrite correspond à une lettre de l'alphabet. Ce procédé ingénieux leur permet de collecter des renseignements tout au long du voyage, sans jamais être démasqués.

Le récit relate les visites des Américains chez les refuseniks et leurs interactions avec le système soviétique. Un moment fort du livre est leur rencontre avec le Phantom Orchestra de Tbilissi, en Géorgie, un ensemble composé de refuseniks et de dissidents, dont de nombreux musiciens professionnels. Les échanges avec le KGB, qui les suivait partout et les interrogeait régulièrement, ont finalement conduit à leur expulsion du territoire pour avoir fréquenté des « personnes négatives ».

Malgré les fouilles répétées de leurs bagages, le KGB n'a jamais réussi à déchiffrer le code musical. Des décennies plus tard, cette méthode a suscité l'intérêt de la communauté de la cybersécurité, qui y voit un exemple précoce de cryptographie appliquée. L'expérience du quatuor reste toutefois modeste comparée à ce que subissaient les citoyens soviétiques au quotidien. « Nous avons réalisé que les fouilles, les interrogatoires et la prison étaient une réalité constante pour ces gens », écrit Merryl Goldberg.

Les derniers chapitres de l'ouvrage retracent le parcours des musiciens après la tournée, notamment l'émigration progressive de nombreux refuseniks vers les États-Unis ou Israël. Au-delà de l'anecdote historique, « Notes of Deception » interroge la place de l'art dans les régimes autoritaires et la capacité des individus à contourner la surveillance d'État par la créativité. Le livre paraît alors que les questions de liberté d'expression et de contrôle de l'information connaissent un regain d'actualité, rappelant que la musique peut aussi être un langage secret au service de la solidarité.

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