Aux élections de mi-mandat, les démocrates ont remporté la majorité au Congrès américain, dans les deux chambres. Cette victoire, décrite comme une vague bleue, pourrait freiner les efforts de Donald Trump pour démanteler la politique climatique fédérale, selon l’analyse reprise du média américain Grist.
Les démocrates ont pris le contrôle de la Chambre et du Sénat à l’issue de scrutins souvent serrés et contestés. Leurs gains sont notables dans des territoires que Donald Trump avait remportés deux ans plus tôt, ce qui témoigne d’un changement d’humeur de l’électorat. Le résultat confirme une tendance que les observateurs suivaient depuis plusieurs mois, et il s’inscrit dans un scrutin où chaque circonscription disputée a compté.
Le basculement du Congrès modifie l’équilibre des pouvoirs à Washington. Si Donald Trump conserve une latitude presque entière en matière de politique étrangère, ses marges de manœuvre sur le plan intérieur apparaissent nettement plus contraintes. Une majorité démocrate pourrait en effet bloquer des textes et des décisions qui visent à réduire les programmes fédéraux liés au climat, un domaine dans lequel l’administration républicaine avait engagé un recul sensible.
Les élus démocrates devraient également lancer des enquêtes parlementaires visant l’action du président. Ces investigations permettraient d’examiner de près la gestion de l’exécutif, à un moment où la majorité sortante est contestée sur plusieurs dossiers. Il reste toutefois incertain de savoir jusqu’où ils pourront utiliser leurs prérogatives, notamment le droit de veto présidentiel et le contrôle du budget, dont la portée concrète dépendra des rapports de force à venir entre la Maison-Blanche et le Congrès.
Le scrutin a été largement commenté comme un désaveu de la politique économique du président. Les électeurs interrogés ont mis en cause Donald Trump pour son incapacité à alléger le coût de la vie, un reproche qui revient avec insistance dans les témoignages recueillis. Le prix des carburants et le pouvoir d’achat figurent parmi les préoccupations citées par les Américains rencontrés, des sujets quotidiens qui, selon eux, ont pesé sur leur choix dans les urnes.
L’avocat et essayiste politique Laurent Cohen-Tanugi commente cet équilibre retrouvé entre les pouvoirs. Pour lui, le résultat des midterms redessine la répartition des forces à Washington, sans pour autant mettre fin à la capacité d’action du président dans les domaines où il conserve la main. Le paysage politique américain entre ainsi dans une phase de cohabitation de fait, dont les effets sur le climat, le budget et le contrôle de l’exécutif restent à mesurer dans les mois qui viennent.