Le roman « C'était ça ou mourir » de l'écrivain canado-haïtien Thélyson Orélien, présenté comme l'un des phénomènes de la rentrée littéraire, fait l'objet de rumeurs sur l'usage de l'intelligence artificielle dans son écriture. Une publication apparue lundi 21 septembre sur le réseau social X suggère que l'ouvrage aurait été rédigé avec l'aide d'un outil d'IA, une allégation qui a rapidement circulé dans les milieux littéraires et sur les réseaux sociaux.
Face à ces accusations, la maison d'édition Grasset a réagi en rejetant catégoriquement ces « rumeurs ». Selon l'éditeur, il serait « contre-productif de rentrer dans la guerre » que suscite cette polémique, préférant ne pas alimenter davantage les spéculations. Cette position tranche avec l'ampleur qu'a prise la discussion en ligne, où les internautes s'interrogent sur la place croissante des outils génératifs dans la création littéraire contemporaine.
Le livre raconte l'histoire d'un professeur d'histoire qui fuit son village haïtien, situé près de Port-au-Prince, pour rejoindre le Canada. Ce récit de migration et de reconstruction a été salué comme l'une des découvertes de la saison littéraire, ce qui explique la sensibilité de l'affaire : une accusation d'écriture assistée par IA peut peser sur la réputation d'un auteur et sur la confiance des lecteurs. Thélyson Orélien, installé à Paris au mois de septembre, n'a pas publiquement commenté ces allégations à ce stade.
La polémique illustre une tension grandissante dans le monde de l'édition. Depuis l'arrivée d'outils d'intelligence artificielle capables de produire des textes élaborés, les maisons d'édition, les agents littéraires et les jurys de prix s'interrogent sur les moyens de détecter une éventuelle assistance automatisée. Aucune preuve publique n'a été apportée à ce jour pour étayer la thèse d'une rédaction par IA, et l'éditeur maintient sa position sans engager de procédure ni de mise au point détaillée.
Cette séquence intervient alors que la rentrée littéraire bat son plein et que les débats sur l'authenticité des œuvres et la transparence des auteurs occupent une place croissante dans les médias. Pour Grasset, l'enjeu est double : protéger son auteur et éviter que la controverse ne détourne l'attention du contenu du roman. La maison d'édition n'a pas annoncé de mesures supplémentaires, laissant la polémique se poursuivre en ligne sans y répondre sur le fond.