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DOOM tourne (presque) sur un interrupteur connecté Sonoff

Un développeur est parvenu à afficher une version simplifiée de DOOM sur un interrupteur connecté Sonoff Basic R2, sans altérer ses fonctions domotiques.

Faire tourner DOOM sur n'importe quel objet est devenu un sport de niche dans la communauté du hacking. Après les calculatrices, les réfrigérateurs et les lecteurs de billets, un développeur connu sous le pseudonyme de piuppi s'attaque désormais à un objet encore plus improbable : l'interrupteur connecté Sonoff Basic R2, un petit module domotique conçu pour allumer et éteindre des lampes à distance.

La performance mérite toutefois une nuance. Ce qui s'affiche à l'écran n'est pas réellement DOOM. Il s'agit plutôt d'une démonstration technique capable de restituer des données graphiques extraites du jeu original, mais uniquement dans le cadre d'une carte simplifiée. Pas de niveaux complets, pas de combats élaborés contre des créatures infernales : juste une preuve de concept qui montre que le petit microcontrôleur de l'interrupteur peut afficher quelque chose qui ressemble à un jeu vidéo.

Le projet repose sur un dépôt GitHub soigneusement documenté, qui permet à d'autres amateurs de reproduire l'expérience sur leur propre appareil. La procédure reste relativement complexe et exige que l'utilisateur fournisse sa propre copie de DOOM, afin que le script puisse en extraire les données nécessaires. Une fois l'installation terminée, il suffit de se connecter depuis n'importe quel navigateur du réseau local pour lancer la démonstration et, comme le résume le développeur, évacuer ses frustrations contre l'état actuel de la domotique en s'en prenant à quelques créatures.

Le détail le plus intéressant réside peut-être ailleurs. Même après l'installation de cette démonstration, l'interrupteur Sonoff continue de remplir sa fonction première : allumer et éteindre des appareils électriques. La prouesse technique ne sacrifie donc pas l'usage domestique de l'objet, ce qui la rend d'autant plus remarquable pour un dispositif dont le rôle initial n'a rien de ludique.

Ce type de projet s'inscrit dans une tradition bien ancrée chez les passionnés d'électronique et de rétro-informatique. Depuis des années, DOOM, sorti en 1993, sert de test ultime pour les plateformes les plus inattendues. Chaque nouvel exploit repousse un peu plus les limites de ce que l'on peut faire avec un matériel modeste, tout en rappelant que la créativité des développeurs amateurs ne dépend pas de la puissance brute des machines.

Pour les fabricants de produits connectés, l'exercice a aussi valeur de signal. Il montre que des appareils vendus comme de simples accessoires domotiques peuvent être détournés de leur usage initial, non pas pour nuire, mais pour explorer les capacités réelles de leur matériel. La démarche reste ouverte et documentée, ce qui la distingue des détournements malveillants et souligne l'importance de la transparence dans l'écosystème des objets connectés.

Reste une question, posée à demi-mot par les observateurs de cette scène : que faire lorsque tous les gadgets du monde auront leur portage de DOOM ? La réponse est déjà trouvée. Il restera toujours une nouvelle génération d'appareils à convertir, et une autre légende du jeu de tir à faire tourner dessus : Duke Nukem 3D.