Au moins 37 personnes sont mortes dans la nuit de vendredi à samedi après qu'un drone russe a frappé un dépôt de munitions situé dans la ville de Myla, près de Kiev, en Ukraine. L'attaque a provoqué un vaste incendie et de nombreuses explosions, contraignant plusieurs centaines d'habitants de la région à évacuer, selon les autorités locales.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a confirmé que le site visé était un « dépôt des forces de défense » où étaient stockées des munitions. Il a évoqué des « détonations à grande échelle d'obus, de mines, d'autres munitions et de drones », ajoutant que ces équipements n'auraient « absolument pas dû » se trouver dans cette zone résidentielle habitée. Selon les enquêteurs, le drone russe a touché l'entrepôt, déclenchant un « incendie de grande ampleur » et des détonations en série.
Cette frappe relance de vives critiques en Ukraine sur la présence de tels dépôts militaires à proximité des habitations. Volodymyr Zelensky a rappelé l'interdiction formelle de stocker des munitions « près des habitations ou d'autres zones résidentielles », une règle qui n'a visiblement pas été respectée dans ce cas. La question de la responsabilité et des mesures à prendre pour éviter de nouveaux drames de ce type est désormais au cœur des débats dans le pays.
L'attaque survient alors que le conflit entre la Russie et l'Ukraine entre dans son 1 648e jour. Les frappes russes sur les infrastructures militaires et logistiques ukrainiennes se sont intensifiées ces dernières semaines, mais celle-ci est particulièrement meurtrière en raison de sa localisation en zone urbaine dense. Les services de secours ont travaillé toute la journée de samedi pour éteindre l'incendie et rechercher d'éventuelles victimes sous les décombres.
Par ailleurs, la Turquie a convoqué l'ambassadeur d'Ukraine à Ankara après l'attaque, les 26 et 27 août, d'un navire turc en mer Noire et d'un second bâtiment venu le remorquer. Le ministère turc des Affaires étrangères a exprimé ses mises en garde concernant « la nécessité impérative d'assurer la sécurité des personnes, des biens, de la navigation et de l'environnement en mer Noire ». Cet incident illustre les tensions persistantes dans la région, au-delà du seul front terrestre.
Dans un autre registre, les dirigeants russe, chinois, iranien et indien sont attendus lundi et mardi à Bichkek, au Kirghizistan, pour le sommet marquant le 25e anniversaire de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Vladimir Poutine et Xi Jinping, ainsi que le président iranien Massoud Pezeshkian et les Premiers ministres indien Narendra Modi et pakistanais Shehbaz Sharif, ont confirmé leur participation. Une rencontre bilatérale est notamment prévue entre Vladimir Poutine et Massoud Pezeshkian, dans un contexte de coopération russo-iranienne croissante.