Une société de tourisme a déposé une plainte pour tenter d'annuler les frais supplémentaires imposés aux visiteurs étrangers dans onze parcs nationaux des États-Unis, rapporte le New York Times. Depuis l'entrée en vigueur, le 1er janvier, d'un décret signé par le président Donald Trump, les touristes non résidents doivent s'acquitter de 100 dollars de plus que les Américains pour accéder à ces sites, parmi lesquels figure le Grand Canyon.
La mesure s'applique à onze parcs nationaux, selon la source. Elle crée une différence de traitement tarifaire entre les visiteurs étrangers et les résidents américains, une pratique rare dans le système des parcs nationaux, historiquement financé par des droits d'entrée uniformes et des subventions fédérales. Le décret présidentiel à l'origine de cette hausse a été signé par Donald Trump, et son application est effective depuis le début de l'année civile.
La société de tourisme requérante cherche à faire déclarer illégale cette majoration. Le montant de 100 dollars s'ajoute au prix du billet d'entrée habituel, ce qui alourdit sensiblement le coût d'une visite pour les voyageurs internationaux, en particulier pour les familles et les groupes organisés. Les onze parcs concernés n'ont pas tous été nommés dans les informations disponibles, mais le Grand Canyon, l'un des sites les plus visités du pays, figure parmi eux.
Cette affaire intervient dans un contexte de débats récurrents sur le financement des parcs nationaux américains, confrontés à des besoins d'entretien et à une fréquentation élevée. Les droits d'entrée constituent une part limitée de leurs ressources, le reste provenant de crédits fédéraux et de dons. Une tarification différenciée selon la nationalité pourrait, si elle était validée, faire école dans d'autres sites ou d'autres pays, alors que le tourisme international reprend après plusieurs années perturbées.
La plainte soulève également des questions juridiques sur l'étendue des pouvoirs présidentiels en matière de fixation des tarifs d'accès aux parcs fédéraux. Les parcs nationaux sont gérés par le National Park Service, une agence fédérale, et leurs droits d'entrée sont normalement établis selon des procédures administratives encadrées. Un décret présidentiel imposant une surtaxe aux seuls étrangers pourrait être contesté sur le terrain de la discrimination ou du dépassement de compétence, selon les arguments que la société de tourisme développera devant la justice.
Pour l'industrie du voyage, cette surtaxe représente un coût supplémentaire qui pourrait détourner certains groupes étrangers des grands parcs américains, au profit d'autres destinations. Les tour-opérateurs, qui achètent des billets en gros et organisent des circuits, sont en première ligne pour absorber ou répercuter cette hausse. La société plaignante, dont l'identité n'a pas été précisée, affirme agir pour préserver l'accès de ses clients à ces sites emblématiques.
L'issue du recours dépendra de l'appréciation des tribunaux sur la légalité du décret et sur le préjudice subi par les professionnels du tourisme. En attendant, les visiteurs étrangers continuent de payer le supplément de 100 dollars à l'entrée des onze parcs concernés. Cette affaire illustre la tension croissante entre politiques de restriction migratoire ou tarifaire et promotion du tourisme international, dans un pays où les parcs nationaux restent l'une des principales attractions pour les voyageurs du monde entier.