Les premiers éléments de l'autopsie de la fillette de cinq ans retrouvée morte lundi soir à Blois, au domicile de son père, orientent l'enquête vers une « intoxication médicamenteuse », a annoncé le parquet. L'hypothèse la plus vraisemblable demeure celle d'un infanticide suivi d'une tentative de suicide du père, a précisé le procureur de la République de Blois, Stéphane Javet.
Le père, qui concentre tous les soupçons, avait été hospitalisé dans un état critique après s'être infligé plusieurs coups de couteau. Son pronostic vital n'est toutefois pas engagé. Le magistrat a indiqué qu'un placement en garde à vue du père serait ordonné dès que cela sera envisageable, compte tenu de son état de santé.
Les parents, séparés depuis 2024, entretenaient des rapports difficiles, selon le procureur. Une mesure d'assistance éducative en milieu ouvert avait été décidée par un juge des enfants. Ce dispositif est ordonné lorsque la santé, la sécurité ou l'éducation d'un mineur sont mises en danger. Il permet d'accompagner la famille sans retirer l'enfant de son domicile.
La découverte du corps de la fillette remonte à lundi soir, dans la maison familiale située à Blois, dans le Loir-et-Cher. Les secours avaient été alertés après que le père a été retrouvé grièvement blessé. L'enquête, confiée aux autorités judiciaires, devra désormais préciser les circonstances exactes du drame et établir le rôle exact du père dans la mort de l'enfant.
L'hypothèse d'une intoxication médicamenteuse devra être confirmée par les analyses toxicologiques complémentaires. Ces examens permettront de déterminer la nature et la quantité des substances présentes dans l'organisme de la fillette, ainsi que les modalités de leur administration. Les résultats définitifs de l'autopsie et des analyses devraient être connus dans les prochaines semaines.
Le suivi social de la famille par les services compétents sera également examiné dans le cadre de l'enquête. La mesure d'assistance éducative en milieu ouvert, décidée par un juge des enfants, impliquait un accompagnement régulier de la cellule familiale. Les autorités devront déterminer si ce suivi a permis de détecter les difficultés et si des signaux d'alerte avaient été signalés avant le drame.
Le parquet de Blois a souligné que l'enquête se poursuivait et que de nouvelles investigations étaient en cours. Le père, toujours hospitalisé, n'a pas encore pu être entendu par les enquêteurs. Sa garde à vue sera déclenchée dès que son état de santé le permettra, afin de recueillir sa version des faits et d'établir les responsabilités.
Ce drame relance les interrogations sur la protection de l'enfance et le suivi des familles en situation de vulnérabilité. Les mesures d'assistance éducative, comme celle dont bénéficiait la famille, visent à prévenir les situations de danger tout en maintenant l'enfant dans son environnement. Leur efficacité dépend toutefois de la coordination entre les différents acteurs sociaux, judiciaires et médicaux.