L’Iran a affirmé mardi avoir saisi un drone sous-marin américain dans le détroit d’Ormuz, une voie de passage stratégique par laquelle transite une part importante du pétrole mondial. L’annonce a été faite par les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique, sans que les États-Unis n’aient réagi dans l’immédiat.
Selon les médias iraniens, l’engin capturé est un sous-marin autonome utilisé pour des missions de « reconnaissance et de surveillance des fonds ». Les Gardiens de la Révolution ont précisé que cet appareil « est équipé des technologies les plus récentes dans le domaine des opérations sous-marines ». Aucune précision n’a été fournie sur les circonstances exactes de la saisie, ni sur la localisation précise de l’opération dans le détroit.
Cette annonce intervient dans un contexte de fortes tensions entre Téhéran et Washington, alors que la région du Moyen-Orient est secouée par le conflit entre Israël et ses voisins. Le détroit d’Ormuz, qui relie le golfe Persique au golfe d’Oman, est régulièrement le théâtre d’incidents entre les forces iraniennes et les marines étrangères, notamment américaines. Les Gardiens de la Révolution y ont déjà procédé par le passé à des saisies de navires ou à des interceptions d’engins, présentées comme des réponses à des violations de la souveraineté iranienne.
La marine américaine déploie régulièrement des drones sous-marins dans la région pour la surveillance des voies maritimes et la collecte de renseignements. Ces engins, souvent de taille modeste, sont conçus pour opérer de manière autonome sur de longues durées. La saisie annoncée par Téhéran, si elle est confirmée, constituerait un nouvel épisode dans la confrontation larvée entre les deux pays, qui évitent généralement un affrontement direct tout en multipliant les actions de pression.
Washington n’avait pas officiellement réagi dans les heures qui ont suivi l’annonce iranienne. Les autorités américaines n’ont ni confirmé ni démenti la perte d’un tel appareil. Les précédents incidents de ce type ont souvent donné lieu à des versions contradictoires, chaque camp présentant sa propre lecture des faits. En 2022, l’Iran avait déjà affirmé avoir récupéré des drones américains dans ses eaux territoriales, des déclarations que le Pentagone avait alors contestées.
Le détroit d’Ormuz demeure un point de vigilance majeur pour la sécurité énergétique mondiale. Environ un cinquième du pétrole consommé dans le monde transite par ce passage, ce qui en fait un enjeu stratégique de premier plan. Toute escalade dans cette zone est suivie de près par les marchés pétroliers et les chancelleries occidentales. La saisie annoncée mardi pourrait raviver les craintes d’un incident majeur dans cette région déjà fortement militarisée.