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Le télescope spatial Nancy Grace Roman lancé pour percer les mystères de l’énergie noire

La NASA a lancé dimanche le télescope spatial Nancy Grace Roman, destiné à cartographier l’Univers et à étudier l’énergie noire et la matière noire, qui représentent près de 95 % du cosmos.

La NASA a lancé dimanche 30 août le télescope spatial Nancy Grace Roman, un engin conçu pour tenter de percer l’un des plus grands mystères de l’astrophysique moderne : la nature de l’énergie noire et de la matière noire, qui constitueraient près de 95 % de l’Univers. Le décollage a eu lieu à 13h26 depuis le centre spatial de Cap Canaveral, en Floride, à bord d’une fusée de SpaceX, après plus d’une dizaine d’années de développement.

Baptisé en hommage à Nancy Grace Roman, première astronome en chef de la NASA, le télescope doit maintenant parcourir environ 1,5 million de kilomètres avant d’atteindre sa position d’observation. Sa mission, d’une durée minimale de cinq ans, vise à réaliser un nouvel « Atlas de l’Univers », selon les termes employés par le chef de l’agence spatiale américaine, Jared Isaacman. Cet atlas doit permettre aux scientifiques de mieux comprendre l’évolution du cosmos et le rôle joué par l’énergie sombre dans son expansion accélérée.

L’instrument se distingue par ses capacités techniques exceptionnelles. Haut de 12 mètres et flanqué d’immenses panneaux solaires, le télescope Nancy Grace Roman dispose d’un champ de vision cent fois plus large que celui du télescope Hubble. Cette caractéristique en fait l’un des observatoires spatiaux les plus ambitieux jamais déployés, comparable au télescope James Webb, lancé en 2021. Les astronomes attendent de lui des images spectaculaires et une moisson de données inédites sur des milliers d’exoplanètes et des dizaines de milliers de supernovas.

Pour les chercheurs, l’enjeu scientifique est considérable. « Nous sommes peut-être le jour d’après Einstein », résume Éric Lagadec, enseignant-chercheur et astronome au laboratoire Lagrange de l’observatoire de la Côte d’Azur, interrogé par RFI. L’énergie sombre, au cœur de l’expansion de l’Univers, reste l’une des grandes inconnues de la physique contemporaine. En cartographiant des centaines de millions de galaxies, le télescope devrait fournir des indices précieux sur la façon dont cette énergie a influencé l’histoire du cosmos.

La mission s’inscrit dans une série d’initiatives récentes visant à sonder les confins de l’Univers et à affiner les modèles cosmologiques. Les données recueillies par Nancy Grace Roman devraient compléter celles de James Webb et de Hubble, tout en offrant une vision beaucoup plus large du ciel. Les premiers résultats scientifiques sont attendus après une phase de mise en service et de calibration des instruments, qui devrait durer plusieurs mois.

Ce lancement marque une étape importante pour l’astronomie spatiale française et internationale, les équipes scientifiques européennes étant associées à l’exploitation des données. L’objectif à terme est de mieux comprendre la répartition de la matière dans l’Univers et les mécanismes qui président à son expansion, deux questions fondamentales pour la physique et la cosmologie.

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