La jeune société new-yorkaise Tuesday Labs a présenté Voxel Series-1, son premier robot semi-autonome destiné à l'entretien du foyer. L'appareil, de la hauteur d'un plan de travail, arrose les plantes et balaie les miettes grâce à une combinaison d'intelligence autonome et de téléopération. Mais son originalité tient surtout à son apparence : une coque en plastique mat colorée, des formes essentiellement cubiques, des yeux à LED et des pinces à un degré de liberté en guise de mains.
Fondatrice de Tuesday Labs, Rosalind Shinkle explique avoir volontairement écarté le modèle humanoïde. « Nous n'avons délibérément pas construit un humanoïde », déclare-t-elle. « Nous voulions rester loin de la vallée de l'étrange, et loin des robots qui occupent une place de forme humaine dans la maison. » Voxel a donc été pensé comme un « majordome droïde, pas un majordome humain » : un compagnon domestique assumé comme objet, mais doté d'une personnalité perceptible.
Le design final résulte d'une collaboration avec Alonso Martinez, ancien character designer chez Pixar. Les premières esquisses s'inspiraient d'objets du quotidien — lampes, chaises, mallettes — avant d'aboutir à un objet que Shinkle décrit comme la rencontre d'une « capacité exceptionnelle et d'un caractère charmant ». Cinq principes ont guidé le projet : l'intégration facile au foyer, une apparence maximaliste, la simplicité, le luxe et la fantaisie.
Tuesday Labs revendique aussi une stratégie d'« affordance matching » : l'aspect du robot doit permettre à l'utilisateur de deviner spontanément ce qu'il sait faire. « Quand quelqu'un regarde un robot, il devrait pouvoir prédire approximativement de quoi il est capable », poursuit la fondatrice. Bien calibrer cette attente éviterait la déception récurrente suscitée par les humanoïdes, souvent moins habiles que ne le laisse croire leur silhouette.
La coque plastique et les finitions ont été choisies pour alléger l'ensemble, tout en signalant la qualité de fabrication. Voxel fonctionne sur batterie rechargeable et regagne sa station d'accueil à domicile dans le cadre de sa « routine normale ». La société ne précise pas de calendrier de livraison.
Le positionnement commercial est assumé : le robot devrait coûter environ 20 000 dollars, ce qui en fait un produit de luxe. « Notre ambition est bien plus grande : à mesure que la technologie progresse et que la production augmente, nous voulons rendre les robots domestiques accessibles à bien plus de gens », affirme Rosalind Shinkle. Les premiers clients seront des « early adopters » prêts à accueillir l'appareil chez eux pour entraîner informellement son logiciel autonome, une démarche comparable à celle de Neo, le robot domestique de 1X Technologies actuellement en production.
Fondée en 2025 par Rosalind Shinkle, passée auparavant par l'ingénierie chez Boston Dynamics, Tuesday Labs se donne pour mission de créer des « robots avec lesquels il est naturel et agréable de vivre ». La fondatrice reconnaît une motivation très personnelle : « Je déteste nettoyer mon appartement, et je préfère de loin passer mon temps à construire quelque chose qui résout ce problème une fois pour toutes. »
Voxel rejoint une vague de robots domestiques présentés ces derniers mois, du Neo de 1X au CLOiD de LG, en passant par les créatures dévoilées au CES 2025. Signe que le secteur se diversifie : les fabricants n'essaient plus seulement d'imiter l'humain, mais de concevoir des objets capables de s'insérer dans un intérieur sans le perturber.