Gabriel Attal, candidat du parti Renaissance à l'élection présidentielle de 2027, a plaidé pour un candidat unique capable de rassembler un large spectre politique, de la gauche social-démocrate à la droite républicaine. Dans un entretien accordé au Parisien, il a estimé que personne, dans l'espace politique situé entre La France insoumise et le Rassemblement national, n'est aujourd'hui en position de battre Marine Le Pen au second tour. Face à ce constat, il appelle à un « vrai et large rassemblement ».
Le président du parti Renaissance propose la formation d'une « grande coalition » qui irait de la gauche social-démocrate à la droite républicaine. Cette alliance aurait pour objectif de porter un candidat commun à la prochaine élection présidentielle, afin de faire face à la candidate du Rassemblement national. Gabriel Attal ne ferme pas la porte à l'organisation d'une primaire pour désigner ce candidat unique, se déclarant prêt à y participer.
Cette prise de position intervient alors que la campagne pour 2027 se structure progressivement. Marine Le Pen, candidate du RN, figure en tête des sondages de premier tour. Sa candidature a été confirmée le 7 juillet, malgré sa condamnation en appel dans le dossier des assistants parlementaires du parti, qui ne l'empêche pas de concourir. Elle a désigné Jordan Bardella comme recours en cas d'empêchement judiciaire ou comme Premier ministre potentiel en cas de victoire.
Le duo formé par Marine Le Pen et Jordan Bardella traverse toutefois des tensions. Des divergences sont apparues sur des sujets comme les retraites ou l'interdiction du voile dans l'espace public, Jordan Bardella évoquant des « sensibilités différentes ». Fin août, Marine Le Pen a écarté le conseiller économique François Durvye, proche de Jordan Bardella, tout en réintégrant sa nièce. Ces frictions s'ajoutent à une actualité chargée pour le RN, après la diffusion par Mediapart de messages antisémites attribués à Jordan Bardella, qu'il conteste formellement. Marine Le Pen lui a réaffirmé sa confiance, tout en se montrant plus en retrait après de nouvelles publications.
Dans ce contexte, l'appel de Gabriel Attal à un rassemblement large vise à offrir une alternative crédible face au Rassemblement national. Il s'inscrit dans une stratégie de dépassement des clivages traditionnels entre la gauche et la droite, en s'appuyant sur un socle commun de valeurs républicaines et sociales-démocrates. Le candidat de Renaissance cherche ainsi à fédérer les électeurs modérés et à éviter une dispersion des voix qui profiterait à l'extrême droite.
La proposition d'une primaire ouverte pourrait permettre de désigner un candidat unique susceptible de rassembler au-delà des appareils partisans. Elle devra toutefois surmonter les réticences des différentes formations politiques concernées, notamment au sein de la droite républicaine et de la gauche social-démocrate, qui pourraient hésiter à s'engager dans un tel processus. Les prochains mois seront décisifs pour préciser les contours de cette alliance et mesurer sa capacité à peser sur le scrutin de 2027.