Le musée MAAT de Lisbonne accueille une exposition de l'artiste portugaise Joana Vasconcelos qui rend hommage au couturier Valentino. L'événement explore la frontière entre la mode et la sculpture, en transformant des vêtements en œuvres d'art et en donnant aux objets du quotidien une dimension théâtrale inspirée de la haute couture.
Connue pour ses installations monumentales qui mêlent artisanat traditionnel portugais et culture contemporaine, Joana Vasconcelos propose ici un dialogue entre le textile, la forme et l'espace. Les robes de Valentino ne sont pas simplement exposées : elles deviennent des sculptures à part entière, acquérant un corps et une présence physique qui dépassent leur fonction première. L'artiste joue sur les codes de la couture, entre précision du geste et liberté créative, pour interroger notre rapport au vêtement et à l'objet.
L'exposition s'inscrit dans la programmation du MAAT, musée d'art, architecture et technologie situé à Belém, qui accueille régulièrement des projets à la croisée des disciplines. En associant le nom de Valentino à celui de Joana Vasconcelos, le musée met en lumière une figure majeure de la création portugaise contemporaine, dont le travail a déjà été présenté à la Biennale de Venise et dans de nombreuses institutions internationales.
Le parcours de l'exposition invite le visiteur à percevoir le vêtement comme une architecture souple, un volume qui se déploie dans l'espace. Les pièces de Valentino, marquées par l'élégance et la sophistication, se prêtent à cette métamorphose : leurs lignes, leurs matières et leurs couleurs deviennent des éléments de composition sculpturale. L'artiste prolonge ainsi une réflexion sur le corps, l'identité et la mémoire des objets, thèmes récurrents dans son œuvre.
Cette collaboration entre l'art contemporain et la haute couture témoigne de la perméabilité croissante entre les univers créatifs. Les musées d'art ne se contentent plus d'exposer des peintures ou des sculptures : ils accueillent des créations issues de la mode, du design et de l'artisanat, dans une volonté de décloisonner les pratiques. Le MAAT, avec son architecture contemporaine signée Amanda Levete, offre un écrin adapté à ce type de proposition, où le spectateur est invité à circuler, à observer et à ressentir.
Pour Joana Vasconcelos, l'hommage à Valentino n'est pas une simple rétrospective. Il s'agit plutôt d'une réactivation : les vêtements deviennent des personnages, les accessoires des attributs, et l'espace d'exposition une scène. La dimension théâtrale de la couture, souvent soulignée par les défilés, est ici transposée dans le champ de l'art contemporain, où elle acquiert une nouvelle résonance.
L'exposition devrait attirer un public varié, des amateurs de mode aux passionnés d'art contemporain, et confirmer la place de Lisbonne comme une destination culturelle de premier plan. Elle s'inscrit dans une saison riche pour les institutions portugaises, qui multiplient les projets transversaux entre patrimoine, création et innovation.
Avec cette proposition, Joana Vasconcelos poursuit son exploration des matériaux et des symboles, en tissant des liens entre l'intime et le spectaculaire, le domestique et le monumental. L'hommage à Valentino devient ainsi une réflexion plus large sur la beauté, la fabrication et la transmission, au cœur d'un musée qui fait dialoguer art, architecture et technologie.