La primaire de la gauche sociale-démocrate a franchi une étape décisive. La commission chargée d'organiser le scrutin a validé, mercredi 16 septembre 2026, les parrainages de cinq candidats qui s'affronteront à partir du 9 octobre. Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel sont officiellement en lice. La candidature de Philippe Brun a en revanche été écartée.
La liste communiquée par la commission confirme la présence des trois socialistes Olivier Faure, Ségolène Royal et Jérôme Guedj, aux côtés de Raphaël Glucksmann, fondateur de Place publique, et d'Emmanuel Maurel, de Gauche républicaine et socialiste. Ces cinq prétendants seront départagés lors des deux tours organisés les 9-10 et 16-17 octobre. Le calendrier resserré doit permettre à la gauche de désigner une candidature commune en vue de l'élection présidentielle de 2027.
L'éviction de Philippe Brun constitue le principal rebondissement de cette validation. Le député socialiste, qui avait annoncé mardi avoir réuni les parrainages nécessaires, a appris avec « stupeur » sa suspension conservatoire du Parti socialiste et son interdiction de se présenter à la primaire. Patrick Menucci, président de la commission de la primaire, a précisé que cette exclusion était liée à des accusations de violence. Il n'a pas détaillé la nature exacte des faits, indiquant seulement que « le mot sexuel n'a pas été prononcé ».
Dans un communiqué, Philippe Brun a affirmé qu'une ancienne collaboratrice qu'il avait licenciée pour faute grave aurait saisi la direction du parti, la veille à 23h50, de faits « pouvant être qualifiés pénalement ». Il a déclaré ne pas connaître ces faits, ignorer ce qui lui est reproché et ne pas avoir été entendu par les commissions du parti. « Je constate que sur la foi d'un signalement envoyé hier à 23h50 on empêche un parlementaire ayant réuni tous ses parrainages d'être candidat », a-t-il réagi. Une source interne au PS a évoqué des faits « qui relèveraient du pénal ».
Cette décision intervient à un moment charnière pour la gauche, qui cherche à structurer une alternative crédible pour 2027. La primaire de l'espace social-démocrate rassemble des sensibilités diverses, du Parti socialiste à Place publique en passant par Gauche républicaine et socialiste. Les candidats devront désormais convaincre un électorat large, alors que les débats portent sur des sujets aussi variés que le nucléaire, l'immigration ou la guerre en Ukraine.
La validation des cinq candidatures clôt une séquence d'incertitude sur les parrainages. Elle ouvre une campagne de plusieurs semaines, dont l'issue déterminera la capacité de la gauche à parler d'une seule voix face à la majorité et à l'extrême droite. Pour l'heure, la commission n'a pas communiqué de calendrier détaillé des débats entre les candidats. Le premier tour des 9 et 10 octobre s'annonce comme un test de la dynamique de chaque formation et de la capacité de la gauche à dépasser ses divisions.