Des élus favorables à un crédit d'impôt fédéral pour la production cinématographique et télévisuelle ont annoncé la création d'un caucus au sein de la Chambre des représentants. Le Congressional American Film & TV Production Caucus, dévoilé mercredi, a pour mission de « revitaliser, renforcer et développer la production audiovisuelle à travers les États-Unis », selon le communiqué publié à cette occasion.
Cette initiative intervient alors que les travaux législatifs se poursuivent pour mettre en place un crédit à l'échelle nationale. Les membres fondateurs du caucus entendent ainsi peser sur les débats et rassembler les soutiens à une mesure destinée à enrayer la concurrence des autres pays et des autres États américains, qui attirent de plus en plus de tournages grâce à leurs propres dispositifs incitatifs.
Le caucus réunira des représentants de différents horizons politiques, unis par la volonté de maintenir sur le sol américain les emplois et les investissements liés à la production. Il doit servir de plateforme d'échange entre les élus, les professionnels du secteur et les administrations concernées, afin de faire avancer un projet de loi encore en discussion.
La création de cette instance illustre la pression croissante exercée par les acteurs de l'industrie, qui réclament depuis plusieurs années un cadre fédéral stable. Les États-Unis ne disposent pas, à ce jour, d'un crédit d'impôt national comparable à ceux proposés par plusieurs pays européens ou par des territoires comme le Canada et le Royaume-Uni. Les productions américaines se tournent donc régulièrement vers ces destinations, où les coûts sont réduits et les aides plus prévisibles.
Les partisans d'un crédit fédéral estiment qu'un tel dispositif permettrait de compenser ces écarts et de sécuriser des milliers d'emplois techniques et artistiques. Ils soulignent également que la production audiovisuelle génère des retombées économiques importantes pour les villes et les régions qui accueillent les tournages, notamment dans l'hôtellerie, la restauration et les services de proximité.
Le caucus devra toutefois composer avec les contraintes budgétaires et les divisions politiques qui traversent le Congrès. La question du coût d'un crédit national et de sa gouvernance reste en suspens, tout comme son articulation avec les dispositifs déjà en place dans de nombreux États. Certains élus craignent qu'une aide fédérale ne se substitue aux incitations locales plutôt que de les compléter.
L'annonce du caucus s'inscrit dans un contexte où les organisations professionnelles multiplient les initiatives pour améliorer les conditions de travail et la protection sociale des métiers de l'audiovisuel. Des sociétés de production ont récemment accepté de nouvelles garanties en matière de couverture santé et de frais de développement pour les producteurs, une revendication portée par un collectif du secteur. Ces avancées témoignent d'une attention accrue portée aux équilibres économiques et sociaux de la filière.
À l'étranger, des initiatives publiques continuent également de soutenir la diffusion et la création cinématographiques. Au Royaume-Uni, plus d'une centaine de cinémas indépendants proposeront des projections gratuites d'un film culte consacré à la scène musicale de Manchester, dans le cadre d'un programme national d'accès gratuit au cinéma soutenu par le British Film Institute. Ces dispositifs visent à maintenir le lien entre les publics et les salles, un enjeu commun aux industries culturelles des deux côtés de l'Atlantique.
Pour les élus à l'origine du caucus, l'objectif est désormais de transformer ce rassemblement en force de proposition capable d'accélérer l'examen du texte au Congrès. La prochaine étape consistera à élargir le nombre de membres et à préciser les contours du crédit d'impôt, dont les modalités exactes n'ont pas encore été rendues publiques. Le calendrier législatif reste incertain, mais les fondateurs du caucus assurent vouloir maintenir la pression jusqu'à l'adoption d'un dispositif fédéral.