Une nouvelle génération d'étudiants américains réinvente la fête sur les campus. Exit les keggers, ces soirées arrosées à la bière qui rythmaient la vie étudiante : place aux « wellness darties », des fêtes diurnes centrées sur le bien-être, rapporte un article du New York Times consacré à ce phénomène de société.
Le principe est simple : se retrouver en journée, souvent le week-end, pour pratiquer des activités associées à la détente et à la santé plutôt que pour boire de l'alcool. Au programme de ces rassemblements : séances de yoga, passages au sauna, bains froids et autres rituels de récupération. Une manière de socialiser sans les excès qui ont longtemps défini la culture festive des campus américains.
Le mouvement s'inscrit dans une tendance plus large observée chez la génération Z, qui accorde une place importante à la santé mentale et physique. L'alcool y perd du terrain au profit de pratiques de bien-être, et les réseaux sociaux, en particulier TikTok, jouent un rôle moteur dans la diffusion de ces nouvelles habitudes. Les « wellness darties » y apparaissent comme un mode de vie à part entière, filmé et partagé, qui valorise la modération plutôt que l'excès.
Ce changement de comportement ne se limite pas à une mode passagère. Il traduit une évolution des valeurs chez les jeunes adultes, pour qui la performance physique, la récupération et l'équilibre émotionnel comptent autant que la vie sociale. Les fêtes diurnes permettent ainsi de concilier convivialité et respect de soi, sans renoncer aux moments passés entre amis.
Pour les campus, l'enjeu est aussi de santé publique. La consommation excessive d'alcool chez les étudiants a longtemps été associée à des risques d'accidents, de violences et de problèmes académiques. Des alternatives comme ces fêtes bien-être pourraient offrir un cadre plus sûr, tout en répondant à une demande croissante des étudiants eux-mêmes.
Reste à savoir si ce phénomène s'installera durablement dans les habitudes étudiantes ou s'il restera circonscrit à certains campus et à certaines franges de la population. Sa visibilité sur les réseaux sociaux suggère en tout cas qu'il dépasse le simple cadre universitaire pour toucher à une question de société : comment faire la fête aujourd'hui sans y perdre sa santé.