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Un panneau de contrôle d'un ordinateur soviétique ES-4001 restauré

La Chornobyl Family entreprend de remettre en état un panneau de contrôle d'un mainframe soviétique ES-4001 des années 1970, un vestige rare de l'informatique de l'URSS lié au centre de calcul de la centrale de Tchernobyl.

La Chornobyl Family, un collectif qui documente le patrimoine technique de la zone de Tchernobyl, s'est lancé dans la restauration d'un panneau de contrôle d'un ordinateur soviétique ES-4001, un mainframe conçu dans les années 1970. L'objectif n'est pas seulement de faire revivre une pièce de collection : ce type de matériel est directement lié au centre de calcul installé sous le radar d'alerte précoce Duga-1, près de ce qui est aujourd'hui la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine.

Dans les années 1970, l'URSS entendait ne pas se laisser distancer dans la course aux ordinateurs. Le pays a produit quelques conceptions originales, mais a surtout copié les architectures IBM System/360 et System/370. Il en est résulté la série de mainframes ES EVM, dont un ES-1060 avait été installé dans la salle informatique du radar Duga-1. Les antennes du radar sont l'élément le plus connu du site, mais sous celles-ci se trouvait un centre de calcul qui n'a jamais été mis en service après l'accident du réacteur n° 4 de la centrale. Il ne reste aujourd'hui de cet ensemble, présenté comme un sommet de l'ingénierie soviétique, que la carcasse pillée du mainframe et son panneau de contrôle.

Le panneau acquis par le collectif date du début des années 1980. Il a connu une vie plus paisible dans un centre de données et semble globalement en bon état. Il reste néanmoins du travail pour le remettre en fonctionnement et réparer les dommages causés par son arrachement brutal au mainframe. La restauration est aussi l'occasion de comprendre comment le système était utilisé et comment le panneau de contrôle fonctionnait. Malgré des ressemblances avec le System/370, l'ES-4001 s'en distingue nettement, et le travail documente ces différences.

Avec seulement environ 300 exemplaires de ces mainframes produits, chaque élément survivant compte. Le collectif souligne l'intérêt de sauvegarder ce qui subsiste du matériel, mais aussi la documentation technique qui l'accompagne. Le panneau restauré ne sera donc pas seulement un objet de musée : il permettra de transmettre un savoir-faire et une histoire industrielle aujourd'hui presque effacés.

Le projet s'inscrit dans un intérêt plus large pour le patrimoine technologique de l'ère soviétique, souvent mal documenté et rarement conservé. La restauration d'un panneau de contrôle, pièce intermédiaire entre l'opérateur et la machine, offre un aperçu concret du fonctionnement quotidien de ces ordinateurs. Elle rappelle aussi que l'histoire de l'informatique ne se limite pas aux machines occidentales et que des sites comme Duga-1 en conservent des traces matérielles uniques.

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