Le gouvernement brésilien a exprimé sa « profonde préoccupation » au premier jour de la suspension des importations de volaille et de bœuf brésiliens par l’Union européenne. Dans une déclaration officielle, Brasilia indique « attendre fermement que le dialogue technique en cours permette de parvenir à une solution rapide, objective » qui « reconnaît de manière adéquate les garanties offertes par le pays ».
Cette mesure, prise par Bruxelles, intervient alors que l’UE reproche au pays sud-américain une utilisation abusive d’antibiotiques dans l’élevage. La décision européenne touche directement deux filières majeures de l’agroalimentaire brésilien, qui figure parmi les premiers exportateurs mondiaux de viande. Pour Brasilia, cette suspension constitue un coup dur porté à ses relations commerciales avec le bloc européen, dans un contexte déjà marqué par des négociations sensibles autour de l’accord commercial entre l’UE et le Mercosur.
Les autorités brésiliennes insistent sur les garanties sanitaires offertes par leurs systèmes de production et appellent à une reprise rapide du dialogue technique. Elles estiment que les contrôles mis en place localement répondent aux normes internationales et que les reproches européens ne reflètent pas la réalité des pratiques d’élevage dans le pays. Le gouvernement de Brasilia se dit prêt à fournir toutes les informations complémentaires nécessaires pour lever les doutes de la Commission européenne.
La suspension intervient dans un climat commercial déjà tendu entre les deux partenaires. Les discussions autour de l’accord UE-Mercosur, qui doivent permettre de renforcer les échanges entre l’Europe et l’Amérique du Sud, sont régulièrement freinées par des divergences sur les normes sanitaires et environnementales. Les producteurs européens, notamment français, dénoncent depuis longtemps une concurrence qu’ils jugent déloyale de la part des élevages brésiliens, qu’ils accusent de ne pas respecter les mêmes exigences en matière d’utilisation de substances vétérinaires.
Pour le Brésil, l’enjeu est considérable. Le pays est l’un des principaux fournisseurs de viande de l’Union européenne, et toute restriction d’accès au marché européen menace des milliers d’emplois dans les secteurs de l’élevage et de la transformation. Les autorités brésiliennes espèrent désormais que les discussions techniques aboutiront rapidement à une levée de la suspension, afin de préserver des flux commerciaux essentiels à l’économie nationale.
De son côté, Bruxelles maintient sa position, affirmant que la protection des consommateurs européens et la lutte contre l’antibiorésistance restent des priorités absolues. La Commission européenne n’a pas indiqué de calendrier précis pour la révision de cette mesure, laissant planer une incertitude sur la durée de la suspension. Les prochaines semaines seront décisives pour déterminer si le dialogue technique permettra de trouver un terrain d’entente entre les deux parties.