L'accusation a ouvert mercredi son dossier contre Russell Brand devant la Southwark Crown Court de Londres en dépeignant l'acteur et comique comme un homme « impitoyable et calculé », animé d'un désir « indiscriminé et vorace » de contacts sexuels. Selon le ministère public, ce comportement aurait donné lieu à une décennie d'infractions pénales.
Russell Brand, ancien animateur de télévision et de radio au Royaume-Uni devenu une figure médiatique aux États-Unis, est poursuivi pour trois chefs de viol, trois chefs d'agression sexuelle et un chef d'atteinte à la pudeur. Il a plaidé non coupable de l'ensemble de ces accusations. Il a pris place dans le box des accusés mercredi, au troisième jour d'un procès qui doit s'étaler sur plusieurs semaines.
Dans sa déclaration liminaire, le parquet a soutenu que l'accusé avait un appétit sexuel « indiscriminé et vorace », une formulation qui résume selon lui la logique des faits reprochés. L'accusation a également qualifié Russell Brand de « manipulateur », un terme qui devrait structurer sa démonstration au fil des audiences. Les chefs d'accusation couvrent une période d'environ dix ans, ce qui confère à l'affaire une dimension particulièrement lourde.
Le procès se tient à Londres, où Russell Brand a bâti une grande partie de sa carrière avant de s'installer aux États-Unis. Il est notamment connu pour ses rôles dans des comédies hollywoodiennes, dont « Forgetting Sarah Marshall » (« Sans Sarah, rien ne va plus ! »), ainsi que pour ses passages remarqués à la télévision et à la radio britanniques. Sa notoriété et son parcours transatlantique expliquent l'attention médiatique considérable que suscite l'audience.
L'ouverture du procès marque une étape judiciaire majeure pour l'accusé, qui fait face à des peines potentiellement très lourdes si les jurés le déclarent coupable. Les débats doivent se poursuivre pendant plusieurs semaines, avec l'audition de témoins et l'examen des éléments réunis par l'accusation. Le parquet devra démontrer, au-delà du simple récit, que les faits allégués caractérisent bien les infractions retenues.
La défense de Russell Brand n'a pas encore détaillé publiquement sa stratégie, mais le plaideur non coupable annoncé en amont signifie que le procès reposera sur la confrontation des versions. Dans ce type d'affaire, la crédibilité des plaignantes et la solidité des preuves matérielles ou testimoniales jouent un rôle déterminant. Le jury devra se prononcer sur chaque chef d'accusation séparément.
Ce procès intervient dans un contexte où les affaires de violences sexuelles impliquant des personnalités publiques sont suivies avec une attention accrue au Royaume-Uni. Les audiences à Southwark Crown Court sont publiques, et des comptes rendus réguliers sont attendus au fil des semaines. Pour Russell Brand, l'issue du procès conditionne non seulement sa situation judiciaire, mais aussi la suite de sa carrière et de sa présence médiatique.