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Le lancement d'Artemis II a perturbé l'ionosphère au point de menacer les signaux GPS

Une pré-publication scientifique montre que les étages de la fusée Artemis II ont provoqué des perturbations ionosphériques suffisamment fortes pour affecter durablement les signaux GPS, avec des ondes de gravité couvrant toute l'Amérique du Nord.

Le lancement de la fusée Artemis II aurait été assez puissant pour perturber durablement les signaux GPS. C'est ce que suggère une pré-publication scientifique qui analyse les effets de ce tir sur la haute atmosphère, un phénomène que les chercheurs décrivent comme une « météorologie spatiale anthropique ». Le terme désigne des perturbations de l'environnement spatial dont l'origine n'est pas naturelle mais humaine, en l'occurrence les gaz et l'énergie libérés par une fusée au moment où elle quitte la Terre.

Selon l'étude, ces effets ne se manifestent pas d'un seul bloc mais par vagues, chacune liée à un étage de la fusée. Le premier étage, qui développe la poussée la plus forte, a un impact limité sur l'ionosphère, car il opère à basse altitude, là où la densité de l'air reste élevée et où la couche ionisée n'est pas encore atteinte. Les deuxième et troisième étages, en revanche, provoquent une forte perturbation de cette couche, située bien plus haut, où se propagent les signaux utilisés par les systèmes de navigation par satellite. C'est donc dans la phase ascendante, lorsque les étages supérieurs gagnent l'altitude, que l'empreinte la plus marquée se produit.

Les chercheurs estiment que cette perturbation aurait pu affecter de manière durable la qualité des signaux GPS au moment du lancement. Le GPS repose sur le passage des ondes radio à travers l'ionosphère, dont l'état détermine la précision de la localisation. Une couche déformée, même temporairement, peut donc dégrader la mesure de position reçue au sol. Les ondes de gravité générées par le tir se seraient propagées à travers l'ensemble de l'Amérique du Nord, signe de l'ampleur de la déformation produite dans l'atmosphère supérieure, bien au-delà de la zone de lancement.

Pour parvenir à ces conclusions, les auteurs se sont appuyés sur des milliers de capteurs répartis à travers le monde. Cette densité d'observations permet de suivre l'évolution de l'ionosphère avec une précision qui était encore récemment réservée aux instituts de recherche disposant de moyens importants. Le croisement de ces mesures a permis de relier la chronologie du vol, étage par étage, aux variations observées dans la haute atmosphère, ce qui distingue cette analyse d'une simple hypothèse.

Les auteurs notent aussi que des amateurs peuvent aujourd'hui analyser l'état de l'ionosphère à l'aide d'outils nettement moins coûteux, ce qui élargit le champ des observateurs possibles. Cette ouverture rend l'étude de ces phénomènes plus accessible et permet à une communauté plus large de vérifier, à son échelle, les effets décrits. Elle contribue aussi à rendre plus visible une question longtemps restée confinée aux laboratoires spécialisés.

La question prend une dimension nouvelle avec la montée en cadence de la production de fusées. Plus les lancements se multiplient, plus leurs effets cumulés sur la haute atmosphère pourraient devenir un sujet de préoccupation, notamment pour la fiabilité des systèmes de localisation qui reposent sur la stabilité de cette couche. Ces systèmes sont aujourd'hui indispensables à l'aviation, à la navigation maritime, aux télécommunications et à de nombreuses activités économiques, ce qui donne à la question une portée qui dépasse largement le monde spatial. Le travail publié à ce stade reste une pré-publication, qui n'a pas encore été soumise à l'évaluation complète des pairs, et ses conclusions devront être confirmées par la communauté scientifique avant d'être considérées comme établies.

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