Wireva

La discrimination locative reste forte en Europe selon une vaste méta-analyse

Des chercheurs de la VUB et de l'UGent ont synthétisé des centaines d'expériences de terrain menées dans 31 pays. L'origine ethno-raciale, le handicap et l'origine sociale ressortent parmi les facteurs les plus pénalisants.

Rental-discrimination meta-analysis finds persistent bias — and a warning about simple averages

Shahd Safii / Pexels · Pexels License · rights

Cet article a été produit avec l’aide de l’IA sous la responsabilité éditoriale de Haydamax OÜ.

La discrimination à l'entrée d'un logement ne se résume pas à quelques affaires locales. Une équipe liée à la Vrije Universiteit Brussel et à l'Université de Gand a rassemblé des résultats provenant de dizaines d'études internationales afin de mesurer ce qui se passe au premier contact entre un candidat et un bailleur. Le tableau est préoccupant, mais il est aussi plus nuancé qu'un pourcentage unique.

La VUB présente le travail comme une cartographie fondée sur 114 études, 31 pays et plus de 500 000 candidatures ou contacts locatifs. Ces recherches utilisent des expériences de terrain: des profils comparables contactent des propriétaires ou des agences, tandis qu'une caractéristique — nom, origine supposée, handicap, situation sociale, genre ou orientation sexuelle — varie de façon contrôlée.

Les désavantages les plus forts concernent notamment les minorités ethno-raciales, les personnes en situation de handicap et les candidats issus de milieux socio-économiques précaires. Dans les groupes les plus touchés, la VUB évoque une probabilité de réponse positive inférieure d'environ 20 %. Elle souligne également que la discrimination ethnique mesurée est plus élevée en Europe qu'en Amérique du Nord.

Le document de travail publié par IZA permet de regarder sous le capot statistique. La méta-analyse porte sur 475 estimations issues d'expériences de terrain publiées entre 2002 et 2024 dans 31 pays. Les auteurs observent une forte hétérogénéité: tous les groupes, toutes les villes et toutes les méthodes ne produisent pas le même écart.

Pour l'origine ethno-raciale, une hiérarchie apparaît dans les données agrégées. Les candidats perçus comme arabes, nord-africains ou turcs subissent les pénalités les plus fortes. Les auteurs constatent aussi des écarts européens plus élevés qu'en Amérique du Nord pour l'origine ethno-raciale et l'orientation sexuelle.

Un point méthodologique empêche toutefois de transformer ces résultats en slogan. Lorsque les chercheurs corrigent certaines estimations pour le biais de publication lié aux petites études, plusieurs effets agrégés diminuent nettement et se rapprochent de l'absence d'effet statistique. Cela ne signifie pas que la discrimination disparaît: cela signifie que la taille moyenne de l'effet dépend de la qualité, de la taille et de la sélection des études disponibles.

Autre résultat utile: les agents immobiliers professionnels discriminent moins que les propriétaires privés dans les expériences concernant l'origine ethno-raciale. L'écart n'est pas retrouvé de manière aussi nette pour les autres motifs. Les modes de contact produisent eux aussi des résultats variables.

La publication est un IZA Discussion Paper, donc un document de recherche diffusé avant une éventuelle publication dans une revue évaluée par les pairs. Son intérêt tient à l'ampleur des données regroupées et à la comparaison entre motifs de discrimination, mais son statut appelle à conserver les réserves méthodologiques formulées par les auteurs.

Pour les politiques publiques, l'enjeu se déplace ainsi de la simple démonstration vers l'efficacité des réponses. Tests de situation, procédures de sélection plus transparentes, professionnalisation de la location et sanctions peuvent avoir des effets différents selon le marché. La prochaine étape est de déterminer quelles interventions réduisent effectivement l'écart observé au moment où un candidat demande simplement la possibilité de visiter un logement.

Same event, other desks

Story file →