La direction de l'Oktoberfest a pris une mesure inédite pour protéger les visiteuses du célèbre manège du Teufelsrad, où plus de 32 000 vidéos montrant des femmes filmées sous leurs jupes ont été recensées en ligne. Depuis le début de l'édition 2026, des shorts de cyclisme sont distribués gratuitement aux femmes qui souhaitent monter sur cette attraction traditionnelle de la fête de la bière de Munich.
Le Teufelsrad, ou « roue du diable », est un manège centenaire sur lequel les participants s'assoient ou s'allongent sur une plateforme tournante, tandis que le public les observe depuis les gradins. Les femmes portant des jupes ou des robes s'exposent, malgré elles, aux regards et aux caméras placés en contrebas. Selon les informations relayées par plusieurs médias britanniques, des milliers de séquences filmées à leur insu ont été mises en ligne, parfois accompagnées de commentaires à caractère sexuel.
La mesure a été annoncée après que des associations de défense des droits des femmes et des internautes ont alerté sur l'ampleur du phénomène. Les organisateurs ont expliqué que la distribution de shorts de cyclisme visait à permettre aux visiteuses de profiter du manège sans craindre d'être filmées. Les shorts sont proposés à l'entrée de l'attraction, et les femmes restent libres de les accepter ou non.
Cette initiative intervient dans un contexte de vigilance accrue autour des violences sexistes lors des grands événements festifs. L'Oktoberfest, qui attire chaque année des millions de visiteurs du monde entier, a renforcé ces dernières années ses dispositifs de sécurité et de prévention. Des campagnes de sensibilisation contre le harcèlement sexuel y sont régulièrement menées, en collaboration avec la police de Munich et des associations locales.
La diffusion massive de ces vidéos soulève également la question de la responsabilité des plateformes en ligne. En Allemagne, la publication d'images prises à l'insu d'une personne dans un lieu public peut être poursuivie au titre de la violation de la vie privée et de l'atteinte à la dignité. Les autorités bavaroises n'ont pas encore annoncé de poursuites spécifiques liées à ces enregistrements, mais l'affaire a relancé le débat sur l'efficacité des sanctions existantes.
Pour les organisateurs, la distribution de shorts ne constitue qu'une réponse partielle. Ils rappellent que le respect des visiteuses est l'affaire de tous et que les comportements déplacés peuvent être signalés aux agents de sécurité présents sur le site. La fête de la bière se poursuit jusqu'au début du mois d'octobre, et les responsables espèrent que cette mesure contribuera à apaiser les tensions autour d'une attraction qui fait partie du patrimoine populaire de l'Oktoberfest.