DEAUVILLE — Le cinéma américain a rarement une seule humeur à Deauville. Ce lundi, le festival passe d’un drame historique sur le Débarquement à un polar élégant, puis à l’univers de David Lowery. Et au milieu de cette programmation, un visage revient avec insistance : Brendan Fraser, invité majeur d’une 52e édition qui a choisi de mêler nouvelles sorties et regard sur une carrière déjà populaire auprès de plusieurs générations.
Pressure, projeté à 20 h 30 au Casino, place Fraser aux côtés d’Andrew Scott, Kerry Condon, Chris Messina et Damian Lewis. Le film d’Anthony Maras se déroule dans les 72 heures qui précèdent le D-Day, lorsque la météo devient une décision stratégique. Fraser apparaît aussi dans Diamond d’Andy Garcia, présenté à 20 heures au Morny 2. La veille, le film avait déjà bénéficié d’une séance étoile.
Le parcours consacré à l’acteur ne se limite pas aux nouveautés. Deauville a également programmé The Whale et The Mummy, donnant au public la possibilité de regarder côte à côte l’image de Fraser devenue culte à la fin des années 1990 et celle de son retour spectaculaire dans des rôles dramatiques. Sur les Planches, une cabine de plage portant son nom a été inaugurée pendant le week-end, rituel très deauvillais qui transforme la présence d’une star en trace durable dans la ville.
La journée du 7 septembre comprend aussi Mother Mary de David Lowery, programmé en séance étoile à 20 heures. Le festival alterne ainsi œuvres attendues, compétition, documentaires et reprises, sans enfermer ses invités dans la seule promotion d’un titre. C’est l’un des plaisirs de Deauville : un acteur peut être présent par un film neuf et, quelques heures plus tôt, par une œuvre qui a changé sa trajectoire.
Mardi, l’attention se déplacera vers Faye Dunaway. L’actrice doit recevoir le Deauville Icon Award le 8 septembre, avant la projection de The Only Living Pickpocket in New York de Noah Segan. Une cabine à son nom sera également inaugurée sur les Planches dans l’après-midi. L’hommage poursuit une logique différente de celle accordée à Fraser : il s’agit moins d’un retour en pleine actualité que d’une manière de replacer une grande figure de l’histoire du cinéma américain dans un festival tourné vers les sorties contemporaines.
Deauville se poursuivra jusqu’au 13 septembre, avec d’autres invités et d’autres hommages. Pour le public, cette première semaine donne déjà le ton : le festival ne choisit pas entre nostalgie et nouveauté. Il fait circuler les mêmes artistes entre ces deux temporalités, et rappelle qu’une carrière de cinéma se lit autant dans la prochaine première que dans les films qui ont fait naître le désir de les revoir.