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Deauville transforme le cinéma américain en dialogue franco-américain

Le festival bat son plein jusqu’au 13 septembre et ses Industry Days font du 7 septembre une journée consacrée autant aux films qu’aux passerelles économiques entre la France et les États-Unis.

DEAUVILLE — Le Festival du cinéma américain ne se contente plus de faire défiler Hollywood sur les Planches. Pour sa 52e édition, organisée du 4 au 13 septembre, il utilise aussi la présence de producteurs, distributeurs, agents et cinéastes pour poser une question très concrète : comment faire circuler les films et les talents entre la France et les États-Unis ?

Ce lundi 7 septembre, les Deauville Industry Days donnent une réponse en plusieurs étapes. La matinée est consacrée aux campagnes de prix aux États-Unis et à la manière dont un acteur français peut tenter une carrière américaine. L’après-midi aborde les mécanismes français de financement, notamment le crédit d’impôt pour les productions internationales et l’Aide aux cinémas du monde, avant une étude de cas sur une production américaine tournée en France.

Cette dimension professionnelle accompagne une programmation publique dense. La journée propose notamment Mother Mary de David Lowery, Pressure d’Anthony Maras et Diamond d’Andy Garcia. Pressure réunit Brendan Fraser, Andrew Scott, Kerry Condon, Chris Messina et Damian Lewis dans les heures qui précèdent le Débarquement. Diamond, polar réalisé par Andy Garcia, rassemble Garcia, Vicky Krieps, Fraser et Dustin Hoffman.

Le choix est révélateur du rôle que Deauville cherche à tenir. Le festival reste une vitrine du cinéma américain en France, mais il devient aussi un lieu où l’on discute de coproduction, de tournage et de stratégie de carrière. Les échanges ne sont pas abstraits : la France attire des tournages internationaux par ses techniciens, ses décors, ses studios et ses dispositifs fiscaux, tandis que les producteurs français cherchent toujours à comprendre comment rendre leurs films visibles dans un marché américain extrêmement concurrentiel.

Cette circulation fonctionne dans les deux sens. Un film américain peut venir chercher en France un environnement de production et des partenaires; un film français peut avoir besoin, aux États-Unis, d’un distributeur, d’une campagne de presse et d’un calendrier de prix suffisamment précis pour ne pas disparaître dans la masse des sorties. Deauville réunit ces deux réalités dans un même lieu, entre séances publiques et rendez-vous professionnels.

Le festival garde pourtant son visage le plus visible : celui des stars et du rituel. Brendan Fraser est au centre de plusieurs séances de cette édition, et Faye Dunaway doit recevoir le Deauville Icon Award mardi 8 septembre. Mais derrière les cabines de plage portant les noms des invités et les tapis rouges, une autre histoire se joue. Elle concerne la manière dont la France entend rester un territoire de cinéma capable non seulement de regarder Hollywood, mais aussi de produire avec lui, de l’accueillir et d’y envoyer ses propres talents.

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