Un terrain de football, un terrain de basket, une piste de course, des zones d'entraînement et des équipements de soutien reliés par des chemins piétonniers, des places et des espaces de rassemblement partagés. C'est la proposition du cabinet Border Arquitectos pour le Centro Deportivo Abejas, un complexe sportif public de 60 000 mètres carrés situé à Tijuana, en Basse-Californie, au Mexique. Le projet répond à un quartier en forte croissance qui manquait d'infrastructures récréatives.
Plutôt que d'organiser le site comme une série de bâtiments et de terrains séparés, les architectes ont fait de l'espace ouvert l'élément structurant. Les installations sportives sont reliées entre elles par un réseau continu de cheminements et de placettes, tandis que les espaces interstitiels — entre les terrains, le long des circulations, sous les portiques ombragés — sont traités comme des parties actives du complexe. On y circule, on s'y arrête, on observe, on discute. Le sport organisé et les usages quotidiens cohabitent dans un même cadre.
Le vocabulaire matériel reste volontairement sobre : béton et surfaces minérales durables pour les circulations et les zones de rassemblement, revêtements sportifs et éléments paysagers pour distinguer les différentes séquences du site. Les composants architecturaux restent intégrés au paysage, ce qui renforce la continuité de l'espace public. Les portiques ombragés prolongent le domaine public au-delà du programme bâti, créant des seuils où l'architecture et le paysage deviennent des lieux de rencontre.
Le projet s'inscrit dans une réflexion plus large sur la place du vide dans la fabrique urbaine. Là où l'on aurait pu empiler des équipements clos, Border Arquitectos propose une infrastructure collective qui transforme une parcelle délaissée en un paysage partagé. Le Centro Deportivo Abejas ne se contente pas d'ajouter des terrains : il étend le rôle de l'infrastructure sportive publique vers un cadre civique plus vaste, où différentes générations se croisent autour du mouvement et de la récréation.
À Tijuana, ville frontalière à l'urbanisation rapide, ce type d'équipement répond à un besoin concret d'espaces publics de proximité. Le complexe mise sur la continuité plutôt que sur la séparation : le paysage relie le sport, le mouvement et la vie sociale, et l'espace ouvert devient l'architecture du quotidien. Une manière de rappeler que l'espace public n'est pas un reste de l'aménagement, mais l'une de ses matières premières.