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Bill Kramer et Kane Parsons défendent le cinéma en salle face aux formats courts

Lors du Zurich Summit, le patron de l'Académie et le réalisateur de Backrooms ont affirmé que les jeunes générations restent attachées au grand écran, à l'heure où l'Académie noue un partenariat avec YouTube.

Le débat sur l'avenir de la salle de cinéma à l'ère des plateformes a animé le Zurich Summit ce week-end. Bill Kramer, directeur général de l'Académie des arts et des sciences du cinéma, et Kane Parsons, réalisateur du film d'horreur Backrooms, y ont participé à une table ronde consacrée au succès des salles obscures à l'heure de YouTube, TikTok et des autres services en ligne.

Leur message commun vise à déconstruire l'idée reçue selon laquelle les jeunes publics ne s'intéresseraient plus qu'aux formats courts. Kane Parsons, lui-même issu de YouTube, incarne cette génération que l'on dit captivée par les seules vidéos de quelques secondes. Son passage au long métrage, avec Backrooms, montre que le public jeune peut aussi se déplacer en nombre pour une œuvre de cinéma. Le film, porté par Chiwetel Ejiofor et Renate Reinsve, connaît par ailleurs un large succès en streaming sur HBO Max, signe que les deux modes de diffusion ne s'excluent pas nécessairement.

Bill Kramer a profité de cette tribune pour remercier Kane Parsons, soulignant le rôle des créateurs venus d'Internet dans le renouvellement du paysage cinématographique. Le patron de l'Académie a aussi évoqué le partenariat récemment conclu entre l'institution et YouTube, un accord qui suscite des interrogations dans le milieu. Selon lui, cette collaboration ne signale pas un renoncement au grand écran, mais annonce au contraire une évolution de la cérémonie des Oscars. « Vous verrez des Oscars très différents », a-t-il déclaré, laissant entendre que la plus prestigieuse des remises de prix américaines pourrait intégrer de nouvelles formes de diffusion et de mise en valeur des films.

Cette prise de parole intervient dans un contexte où l'industrie observe de près la fréquentation des salles. L'été a été marqué par une dynamique portée en partie par le jeune public, ce qui contredit le discours dominant sur la désaffection des moins de 30 ans pour les séances en salle. Les plateformes, YouTube et TikTok en tête, restent des viviers de découverte et de promotion, mais elles ne remplacent pas, selon les intervenants, l'expérience collective du cinéma.

Le Zurich Summit, rendez-vous professionnel du secteur, a donc servi de caisse de résonance à un débat qui traverse toute l'industrie: comment concilier la puissance des réseaux sociaux et la préservation d'une culture de la salle. La présence d'un créateur comme Kane Parsons, passé des vidéos en ligne à un long métrage distribué en salles et sur les plateformes, illustre une porosité croissante entre les deux mondes. Pour l'Académie, l'enjeu est aussi institutionnel: rester pertinente pour un public jeune tout en préservant l'héritage du cinéma. Le partenariat avec YouTube s'inscrit dans cette recherche d'équilibre, même s'il faudra attendre la prochaine cérémonie pour mesurer concrètement les changements annoncés.

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