Le Festival international du film de Toronto a accueilli la première mondiale de « I Play Rocky », le nouveau long-métrage de Peter Farrelly consacré à la genèse de « Rocky », le classique de 1976. Porté par Anthony Ippolito dans le rôle de Sylvester Stallone, ce biopic revient sur l'obstination d'un acteur alors méconnu pour faire exister son scénario à Hollywood. Selon les premières critiques, le film a conquis le public du festival et s'impose déjà comme un sérieux prétendant aux prochaines récompenses.
Le long-métrage raconte comment Stallone, à l'époque simple acteur de second ordre, a refusé de céder son scénario à des producteurs qui voulaient le confier à une vedette établie. Cette ténacité a donné naissance à l'un des plus grands films de l'histoire du cinéma américain, couronné par l'Oscar du meilleur film en 1977. Le film de Farrelly ne se contente pas de retracer une success story : il explore les coulisses d'une industrie qui mise rarement sur les inconnus et la manière dont un artiste peut imposer sa vision.
La performance d'Anthony Ippolito est saluée par la critique, qui y voit une révélation. L'acteur ne se limite pas à imiter Sylvester Stallone : il restitue la détermination et la vulnérabilité d'un homme prêt à tout risquer pour son projet. Peter Farrelly, connu pour des comédies comme « Dumb and Dumber » et plus récemment pour « Green Book », change ici de registre avec un récit choral sur la création cinématographique. Le scénario est signé Peter Gamble.
La présentation au TIFF place « I Play Rocky » dans la course aux Oscars. Le festival canadien est en effet devenu une étape stratégique pour les films ambitieux en quête de reconnaissance. Plusieurs observateurs estiment que le long-métrage pourrait décrocher des nominations dans les catégories majeures, notamment pour la mise en scène, le scénario et l'interprétation d'Ippolito. La comparaison avec « Rocky » lui-même, qui avait créé la surprise aux Oscars, nourrit les attentes autour du film.
Au-delà de la performance d'Ippolito, « I Play Rocky » interroge la persévérance artistique et le rapport de force entre créateurs et studios. Le film rappelle que « Rocky » a été tourné avec un budget modeste et que son succès a transformé la carrière de Stallone, mais aussi la perception des récits populaires à Hollywood. En choisissant de raconter cette histoire, Farrelly célèbre une certaine idée du cinéma américain, où l'acharnement peut triompher des logiques industrielles.
La sortie en salles n'a pas encore été annoncée, mais le bouche-à-oreille du festival devrait accélérer les choses. Si les éloges se confirment, « I Play Rocky » pourrait bien devenir l'un des films les plus discutés de la saison des prix, porté par un sujet qui parle autant aux professionnels qu'au grand public. Le film confirme en tout cas que les coulisses de la création restent une source inépuisable de récits inspirants.