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Un ancien designer de Dyson crée un téléphone fixe rétro pour enfants

La startup britannique YAPA lance un téléphone fixe filaire pour les 5-14 ans, conçu par le studio Aetha de Tom Parsons, avec coques translucides interchangeables et contrôle parental via une application.

Et si le téléphone familial revenait sur le comptoir de la cuisine ? La startup britannique YAPA propose un téléphone fixe filaire destiné aux enfants de cinq à quatorze ans, conçu par le studio Aetha, dirigé par Tom Parsons, un ancien designer de Dyson. L'appareil combine un combiné à cordon, un clavier physique et un petit écran d'affichage pour l'identification de l'appelant. Il fonctionne en Wi-Fi, sans prise murale ni abonnement téléphonique traditionnel.

Le projet répond à une nostalgie assumée. L'équipe voulait un objet de qualité, que l'enfant serait fier de laisser sur le plan de travail, sans l'effet jouet ni la réduction d'un smartphone. Les proportions évoquent un vrai téléphone de bureau. Le petit écran affiche le nom de l'appelant et permet de parcourir le répertoire, mais YAPA insiste sur une conception centrée sur la voix et l'écoute plutôt que sur le regard.

Le contrôle parental passe par une application. Les parents approuvent les contacts et définissent les plages horaires pendant lesquelles les appels peuvent arriver, afin de préserver les repas et le coucher. Les appels de groupe sont pris en charge, ce qui permet à une bande de cousins de discuter ensemble. Un vrai clavier reste disponible pour ceux qui souhaitent mémoriser un numéro.

L'esthétique assume pleinement la référence aux années 2000. Les coques translucides, dans des teintes comme Flamingo Fizz ou Electric Lagoon, laissent deviner les composants internes, à la manière de l'iMac G3. Le combiné, les touches et le pied arrière partagent une couleur vive contrastant avec le corps laiteux : orange sur transparent, menthe sur rose, citron vert sur aqua. Le cordon spiralé orange reste identique sur toutes les versions, comme une signature visuelle.

Les coques interchangeables renvoient directement aux Xpress-On de Nokia, apparues sur le 5110 en 1998 et popularisées par le 3310. YAPA vend des coques supplémentaires en Comet Orange, Cosmic Citrus et Deep Space pour 19,99 livres chacune, soit environ 27 dollars. De quoi renouer avec l'habitude d'accorder la coque de son téléphone à sa tenue, transposée cette fois sur le comptoir de la cuisine.

Le prix du combiné est fixé à 99,99 livres, environ 134 dollars, en Electric Lagoon, Cloud Spark ou Flamingo Fizz. Les appels entre appareils YAPA sont gratuits. Pour joindre les grands-parents ou les portables des parents, il faut souscrire au forfait Pro à 9,99 livres par mois, environ 13 dollars, ou 99,99 livres par an. Le concurrent américain Pinwheel Home coûte 79 dollars, avec des forfaits mensuels de 6,99 ou 9,99 dollars pour de vrais numéros, une structure tarifaire proche.

La première série de YAPA est en précommande au Royaume-Uni, avec une arrivée prochaine en Europe. Aucune information n'a été communiquée sur un lancement aux États-Unis, où les parents se tourneront pour l'instant vers Tin Can ou Pinwheel. Le retour du rétro n'est pas nouveau : vinyle, appareils photo argentiques et téléphones minimalistes comme le Light Phone III séduisent déjà les adultes en quête de déconnexion. Les enfants auront désormais leur propre version de cette pause, avec un cordon orange vif comme invitation.

Reste à voir si le geste de raccrocher avec fracas, disparu avec les écrans tactiles, refera surface dans les foyers. YAPA en fait le pari, en misant sur un objet matériel, coloré et volontairement limité, loin de la logique du smartphone.

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