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GM avait déjà testé la voiture électrique en 1969

Le prototype XP-512E de General Motors, un petit commuter électrique à carrosserie fibre de verre, illustre les expérimentations des constructeurs américains à la fin des années 1960 face à la pollution urbaine.

Bien avant l'ère du lithium, General Motors avait déjà exploré la piste du véhicule électrique. À la fin des années 1960, le constructeur américain a développé un prototype de citadine électrique baptisé XP-512E, dans le cadre d'un programme expérimental consacré aux déplacements courts en ville.

Le contexte est celui d'une époque où les constructeurs américains multiplient les projets audacieux. GM et son concurrent AMC évaluent alors les possibilités d'un retour à la voiture électrique pour les trajets quotidiens. GM n'ayant pas arrêté de choix définitif sur la motorisation, le programme XP-512 a donné naissance à trois variantes : une version conventionnelle, une version hybride et une version électrique.

Chaque véhicule était un biplace doté d'une carrosserie en fibre de verre et d'un châssis en acier. L'accès à l'habitacle se faisait par un cockpit original : la verrière se soulevait et une petite porte frontale s'ouvrait latéralement. Certaines images de l'époque montrent la voiture sans sa verrière, réduite à un arceau de sécurité, ce qui en faisait un cabriolet minuscule de 2 108 millimètres de long seulement.

Sur le plan technique, les contraintes de l'époque étaient considérables. Jusqu'aux années 1990, la seule technologie de batterie de traction réellement viable restait le plomb-acide. Résultat : le véhicule, qui pesait environ 567 kilos, plafonnait à 48 kilomètres par heure et offrait une autonomie d'environ 80 kilomètres. Des chiffres modestes, mais cohérents avec l'usage visé, celui des courts déplacements urbains.

Le programme XP-512E s'inscrivait dans une réflexion plus large sur la pollution atmosphérique. À l'époque, les villes américaines subissaient les effets d'un parc automobile dominé par les berlines à moteur V8. GM explorait donc plusieurs pistes alternatives pour réduire le smog, y compris des technologies issues du passé automobile, comme la vapeur.

Le XP-512E et l'Amitron d'AMC n'ont jamais dépassé le stade du prototype. Aucun des deux n'a été produit en série. Leur existence témoigne pourtant d'une intuition ancienne : celle d'un véhicule électrique pensé pour la ville, léger et compact, bien avant que les batteries lithium-ion ne rendent cette formule réellement compétitive.

Cette histoire rappelle aussi que certaines technologies jugées irréalistes à un moment donné peuvent simplement avoir besoin de plus de temps pour mûrir. Les expérimentations des années 1960 ont posé des questions — autonomie, poids, infrastructure de recharge, usage urbain — qui restent au cœur des débats actuels sur la mobilité électrique.

Le XP-512E n'a pas changé le cours de l'industrie automobile. Mais il occupe une place singulière dans cette chronologie : celle d'un jalon oublié, à mi-chemin entre l'âge d'or du moteur thermique et l'électrification contemporaine.

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