Le groupe britannique Massive Attack est intervenu dans la controverse qui secoue le monde de la musique depuis l'exclusion du rappeur Macklemore de la tournée d'Ed Sheeran. Dans un message publié sur Instagram, le groupe a vivement critiqué la position d'Ed Sheeran, qualifiant sa « neutralité » d'inacceptable face à ce qu'il décrit comme un génocide.
« Le divertissement ne peut jamais être plus important que la résistance à l'apartheid et au génocide d'êtres humains », ont écrit les membres de Massive Attack. « La “neutralité” face au massacre de plus de 20 000 enfants ne peut jamais être de la neutralité. » Le groupe a également affirmé qu'« aucun artiste ne devrait tolérer la censure d'un autre artiste, quel que soit le nombre de millions de dollars en jeu ».
L'affaire a débuté lorsque Macklemore, en première partie d'Ed Sheeran à New Jersey, a prononcé un discours engagé appelant à ce que « tous les êtres humains soient traités avec dignité, respect et égalité » et à une « Palestine libre ». Ces propos ont provoqué la colère de l'Israeli-American Council, qui a demandé son retrait de la tournée, l'accusant d'avoir utilisé sa plateforme pour promouvoir un « agenda politique partial ».
Selon Macklemore, Robert Kraft, propriétaire des New England Patriots et du Gillette Stadium, aurait lancé une campagne pour qu'Ed Sheeran le retire de la tournée, menaçant l'annulation des concerts. Kraft a ensuite défendu son action, tandis qu'Ed Sheeran a déclaré qu'il n'était « pas complice » de cette décision et qu'il avait passé la semaine à « essayer de construire des ponts, de trouver une solution », sans y parvenir.
Depuis, plusieurs artistes de première partie ont pris la parole. Les groupes actuellement programmés ont tous annulé leur participation en solidarité avec Macklemore et le peuple palestinien. Roger Waters, ancien membre de Pink Floyd, a vivement critiqué Ed Sheeran, le qualifiant de « petit con » pour ne pas s'être battu davantage pour maintenir le rappeur sur la tournée.
Massive Attack, connu pour son engagement de longue date en faveur de la cause palestinienne, a rappelé que le groupe boycotte les concerts en Israël depuis 1999. Plus tôt cette année, Robert Del Naja, membre du groupe, a été arrêté lors d'une manifestation à Londres contre l'interdiction de l'organisation Palestine Action. Il avait alors dénoncé une réponse gouvernementale « draconienne » et qualifié son arrestation d'« illégale ».
En février, Massive Attack avait réagi à la décision de la Haute Cour britannique jugeant illégale l'interdiction initiale de Palestine Action, affirmant que le Premier ministre de l'époque, Keir Starmer, « voulait punir ceux qui rendaient visible leur complicité dans un génocide ». Cet été, le groupe s'est produit au Star Theatre de Singapour, où il a brandi le drapeau palestinien sur scène et repris les chants du public scandant « Free Palestine ». Deux membres non identifiés du groupe ont ensuite reçu des « avertissements sévères » et ont été interdits de séjour à Singapour, les autorités ayant annoncé qu'elles n'approuveraient plus aucune demande de spectacle du groupe dans le pays.
Massive Attack a conclu son message en exprimant sa solidarité « avec tous les artistes qui risquent leur carrière pour défendre les droits du peuple palestinien, et contre l'occupation illégale, l'apartheid, les crimes de guerre et le génocide en cours perpétrés par l'État d'Israël ».
Ed Sheeran n'a pas encore répondu aux désistements de ses premières parties, ni aux commentaires de Massive Attack et de Roger Waters. Cette controverse intervient dans un contexte de tensions croissantes autour des prises de position politiques des artistes sur la scène internationale, où les appels au boycott et les pressions des organisations pro-israéliennes se multiplient.