Donald Trump et Benyamin Netanyahou n’auraient pas eu de conversation directe depuis leur rencontre du 28 juillet à la Maison-Blanche, selon le correspondant diplomatique d’i24NEWS Guy Azriel, qui cite ses sources. Ni Washington ni Jérusalem n’ont publiquement confirmé cette durée précise du silence, mais l’information intervient alors que les deux gouvernements affichent des divergences croissantes sur Gaza et sur le calendrier à suivre face à l’Iran.
La rencontre du 28 juillet est, elle, établie. i24NEWS avait rapporté que l’Iran occupait une place centrale dans les discussions et que les responsables israéliens décrivaient une convergence sur l’objectif d’empêcher Téhéran d’acquérir l’arme nucléaire. Après l’entretien, le média indiquait également que Trump étudiait trois options principales : rechercher un accord nucléaire, maintenir ou renforcer la pression économique, ou reprendre des frappes militaires.
Selon Azriel, l’absence de contact direct entre le président et le Premier ministre n’a pas interrompu les échanges politiques. Netanyahou aurait parlé à plusieurs reprises avec Jared Kushner ces dernières semaines. Le gendre de Trump siège officiellement au conseil exécutif du Board of Peace, structure à laquelle la Maison-Blanche attribue un rôle de supervision stratégique dans la stabilisation et la reconstruction de Gaza.
Plusieurs de ces discussions auraient porté sur une proposition en 15 points pour Gaza et auraient été difficiles. Le fond du désaccord apparaît dans les informations publiées séparément par l’Associated Press, The Guardian et The Washington Post. Le schéma soutenu par les États-Unis associe le désarmement du Hamas à un retrait israélien par étapes et à la mise en place de nouvelles structures de gouvernance. Netanyahou exige, lui, que le Hamas soit totalement désarmé avant qu’Israël n’accepte de nouveaux retraits.
Cette différence de séquence est essentielle. Dans un processus progressif, chaque partie doit accepter un risque avant d’avoir obtenu toutes ses garanties. Washington cherche à créer un mouvement simultané : désarmement, retrait, administration civile et reconstruction. Le gouvernement israélien estime au contraire qu’un retrait réalisé trop tôt pourrait laisser au Hamas des capacités militaires suffisantes pour reconstituer une menace.
Le dossier iranien montre une divergence comparable sur le calendrier. Avant la rencontre de juillet, Trump avait déclaré qu’il n’avait pas besoin de renseignements israéliens supplémentaires au sujet d’un site iranien évoqué publiquement. i24NEWS avait cité une source israélienne reconnaissant que le président américain connaissait déjà le dossier et que le différend portait surtout sur le moment d’une éventuelle action.
Ces éléments ne signifient pas que l’alliance américano-israélienne soit rompue. Les mécanismes institutionnels continuent de fonctionner et Kushner constitue précisément l’un des canaux de coordination. Mais l’absence de contact direct, si elle se confirme, modifie la lecture politique de la relation : les désaccords sont désormais suffisamment importants pour être travaillés par intermédiaires alors que des décisions stratégiques restent ouvertes.
La prochaine conversation entre Trump et Netanyahou sera donc observée pour son contenu plus que pour son existence. Elle dira si les deux dirigeants peuvent rapprocher leurs calendriers sur Gaza et l’Iran, ou si la relation entre Washington et Jérusalem entre dans une phase où l’accord sur les objectifs ne suffit plus à masquer le désaccord sur la manière de les atteindre.