Kenko Tokina ajoute une nouvelle pièce à sa collection de minuscules appareils photo numériques. La Pieni III, un modèle de 18 grammes à peine plus large que deux pouces, se porte comme un collier grâce à sa dragonne et assume pleinement son statut d'objet ludique plutôt que d'outil photographique sérieux. L'appareil est proposé à environ 38 dollars et se décline en quatre coloris — Soda, Strawberry, Milk et Black — auxquels s'ajoutent cinq versions à personnages issues de la ligne Sanrio Character Toy Camera STREET, avec Hello Kitty, My Melody, Kuromi, Cinnamoroll et Hangyodon.
Sous son design de mini-appareil classique, la Pieni III cache une électronique volontairement modeste. Son capteur n'offre que 320 000 pixels effectifs, soit 0,32 mégapixel, et l'appareil interpole les images pour produire des fichiers de 1440 × 960 pixels. Les vidéos, capturées avec son, atteignent 720 × 480 pixels à 30 images par seconde. Cette interpolation ne restitue évidemment pas le niveau de détail d'un capteur plus résolu : il faut aborder la Pieni III avec les attentes d'un appareil jouet, pas celles d'un compact classique. C'est précisément dans cette esthétique lo-fi que réside une partie de son attrait, comme une seconde façon de capturer des moments sans viser la perfection technique.
Le choix le plus radical concerne l'absence totale d'écran et de viseur. Impossible de cadrer avec précision ou de vérifier immédiatement le résultat : il faut composer à l'aveugle et découvrir les images plus tard. Ce parti pris séduira ceux qui cherchent une photographie spontanée et détendue, mais frustrera les utilisateurs habitués à contrôler chaque prise de vue. La simplicité est poussée jusqu'aux commandes, réduites à deux boutons : l'un gère l'alimentation et le déclenchement photo ou vidéo, l'autre bascule entre les deux modes, des diodes signalant le mode actif. Un aimant intégré à l'arrière permet aussi de fixer l'appareil sur une surface métallique compatible, comme un réfrigérateur, pour se filmer sans le tenir.
La Pieni III ne dispose d'aucun stockage interne accessible : les fichiers sont enregistrés sur une carte microSDHC vendue séparément, d'une capacité comprise entre 4 et 32 Go. Un achat supplémentaire à prévoir, surtout si l'appareil est destiné à être offert. Pour récupérer les images, il faut connecter le boîtier à un ordinateur ou à un smartphone compatible USB-C à l'aide du câble USB-C vers USB-C fourni. Kenko Tokina précise toutefois ne pas garantir la compatibilité avec tous les smartphones. Cette même connexion USB sert à la recharge, ce qui maintient la configuration globale assez compacte.
Avec la Pieni III, Kenko Tokina prolonge une stratégie de production de compacts originaux au Japon, à mi-chemin entre le gadget nostalgique et l'accessoire de mode. L'appareil ne remplace évidemment pas un boîtier principal, mais il s'adresse à ceux qui aiment l'idée de photographier sans écran, de ranger l'appareil sans vérifier chaque cliché et de découvrir ensuite lesquels ont fonctionné. Un exercice de lâcher-prise qui, pour certains, constitue justement le charme de ces jouets photographiques.