Le festival Asian World Film Festival, basé à Los Angeles, a dévoilé la liste complète de ses films en compétition. Parmi les temps forts de la programmation, le long-métrage kirghiz « Kassandra » a été choisi pour ouvrir la manifestation, un choix qui place une œuvre d’Asie centrale au cœur d’un festival consacré au cinéma asiatique.
Réalisé par Bekzat Pirmatov, « Kassandra » est la candidature du Kirghizistan à la catégorie du meilleur long-métrage international des Oscars. Mêlant mysticisme et film d’horreur psychologique, le film s’inscrit dans une veine qui rencontre un écho croissant auprès des publics de festivals internationaux. Son statut de représentant national aux Oscars donne à cette projection d’ouverture une visibilité particulière pour une cinématographie encore peu présente sur les écrans américains.
Le choix de « Kassandra » souligne l’ambition de la programmation de faire dialoguer des régions et des traditions cinématographiques variées. Les organisateurs ont ainsi pris le parti de mettre en avant une production issue d’un pays rarement représenté dans les grandes sélections occidentales, aux côtés des films d’Asie plus fréquemment programmés. Cette démarche s’inscrit dans la mission d’un festival qui fait de la diversité géographique l’un de ses axes principaux.
Cette annonce intervient dans un calendrier chargé pour le cinéma international. Le Festival international du film de Rotterdam a de son côté révélé la première vague de ses premières mondiales pour sa 56e édition, qui se tiendra du 28 janvier au 7 février. Les dix titres annoncés seront présentés dans les sections Bright Future et Harbour. La section Harbour accueille plusieurs cinéastes dont les œuvres ont déjà été présentées au festival, parmi lesquels figure Kiluanji Kia Henda. Parmi les premières mondiales figurent un film d’horreur malaisien et une adaptation de Dostoïevski venue du Népal, deux propositions qui illustrent la circulation actuelle des récits d’horreur et des classiques littéraires entre l’Asie du Sud et du Sud-Est.
Le réalisateur américain Darren Aronofsky, lauréat d’un Oscar, recevra par ailleurs le prix du réalisateur lors de la 34e édition du festival Camerimage, à Toruń, en Pologne. Consacré à l’art de la photographie cinématographique, l’événement se déroulera du 7 au 14 novembre. Les organisateurs ont annoncé cette distinction jeudi, saluant l’approche singulière du cinéaste et ses collaborations de longue date avec des directeurs de la photographie, notamment Matthew Libatique. Ce prix rappelle combien le travail de l’image est central dans la reconnaissance des créateurs de films, au même titre que la mise en scène.
Ces différentes annonces dessinent un paysage festivalier où les sélections se nourrissent mutuellement, entre découvertes régionales, premières mondiales et hommages à des figures établies. Pour le public, elles offrent autant d’occasions de suivre des œuvres venues d’horizons éloignés, de Bichkek à Rotterdam, en passant par les salles de Los Angeles et la Pologne.