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BepiColombo observe la pluie de particules solaires sur Mercure

Lors d'un survol à seulement 165 kilomètres d'altitude, les instruments de BepiColombo ont suivi des particules énergétiques pénétrant l'environnement magnétique très compact de Mercure.

BepiColombo observe la pluie de particules solaires sur Mercure

ESA–C. Carreau / Wikimedia Commons · CC BY-SA 3.0 · rights

Mercure est la planète rocheuse la plus proche du Soleil et l'une des plus exposées à son environnement de particules. Son champ magnétique existe, mais il est beaucoup plus faible et plus compact que celui de la Terre. Lors du quatrième survol de BepiColombo, la mission euro-japonaise a obtenu une vue rapprochée de la manière dont des protons et des électrons énergétiques traversent cette protection limitée.

Le passage s'est effectué à environ 165 kilomètres de la surface. Les instruments ont enregistré une augmentation des flux de particules solaires énergétiques au moment où la sonde traversait différentes régions de la magnétosphère mercurienne. Cette géométrie a permis de distinguer les zones où le champ magnétique dévie les particules de celles où elles peuvent descendre beaucoup plus près du sol.

Sur Terre, la vaste magnétosphère et l'atmosphère absorbent ou détournent une grande partie de ce bombardement avant qu'il n'atteigne la surface. Mercure ne dispose ni de cette enveloppe magnétique étendue ni d'une atmosphère épaisse. Science Official a détaillé ces observations, qui relient directement la physique du plasma à l'évolution de la surface de la planète.

Les particules énergétiques ne sont pas seulement un phénomène qui se déroule au-dessus de Mercure. En frappant les minéraux, elles participent à l'altération spatiale de la surface et peuvent libérer des atomes qui alimentent l'exosphère extrêmement ténue de la planète. Les micrométéorites et le rayonnement solaire contribuent eux aussi à ce processus, et l'un des objectifs scientifiques est de séparer leurs effets respectifs.

Le résultat est intéressant au-delà du Système solaire. De nombreuses exoplanètes rocheuses orbitent beaucoup plus près de leur étoile que la Terre autour du Soleil. Certaines peuvent être soumises à des flux de particules intenses et posséder une protection magnétique réduite. Mercure constitue donc un laboratoire naturel pour étudier les conséquences à long terme de ce type d'environnement sur une planète rocheuse.

BepiColombo est une mission conjointe de l'Agence spatiale européenne et de la JAXA. Elle comprend deux orbiteurs destinés à étudier la surface, l'intérieur, le champ magnétique et l'environnement de Mercure. Avant la phase orbitale scientifique, les survols gravitationnels ont déjà servi de véritables expériences, en offrant des trajectoires impossibles à reproduire depuis une orbite stable.

Lorsque la mission entamera ses observations orbitales systématiques, les chercheurs pourront relier les mesures de particules aux cartes de composition, au champ magnétique et aux variations de l'exosphère. Le survol à 165 kilomètres montre déjà pourquoi cette approche combinée est essentielle : sur Mercure, le vent et les particules du Soleil participent directement à l'histoire géologique de la surface.

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