Un étudiant en génie informatique de l'université de Chypre a présenté un système autonome de comptage du trafic routier fonctionnant à l'énergie solaire. Marios Christoforou a conçu ce dispositif dans le cadre de son projet de fin d'études, avec pour objectif de détecter et de dénombrer les véhicules tout en transmettant les résultats vers le cloud.
Le cœur du système repose sur un Raspberry Pi 5, dans sa version dotée de 4 Go de mémoire vive. Le nano-ordinateur fonctionne sous Raspberry Pi OS et s'appuie sur une webcam simple, capable de produire une image en 720p. L'ensemble est alimenté par une batterie au plomb de 12 volts, elle-même rechargée par un panneau solaire de 100 watts relié à un module de charge basique. Cette architecture permet au dispositif de fonctionner en site isolé, sans raccordement au réseau électrique.
La détection des véhicules est assurée par le modèle de vision par ordinateur YOLOv8 Nano, qui génère des cadres de délimitation autour des voitures, camions, bus et motos captés par la webcam. Des algorithmes logiciels complètent ce dispositif afin que chaque véhicule ne soit compté qu'une seule fois lors de sa traversée du champ de vision de la caméra. Cette précaution évite les doubles comptages, un écueil fréquent dans ce type de suivi automatisé.
Pour tirer le meilleur parti de l'énergie solaire disponible, l'étudiant a optimisé sa configuration en recherchant à la fois la performance et une faible consommation électrique. Le Raspberry Pi a ainsi été privé de plusieurs fonctions : le Bluetooth, l'emplacement PCIe, l'audio et les ports HDMI ont tous été désactivés. Le processeur et le processeur graphique ont également été sous-cadencés. Des ajustements logiciels ont complété ce travail, notamment l'exécution en mode sans interface graphique et l'abandon des parties non essentielles de l'image vidéo, dans un souci d'efficacité énergétique.
Le projet détaille abondamment les étapes de mise au point ayant permis d'atteindre les objectifs initiaux. Il s'inscrit dans une lignée de dispositifs de surveillance du trafic développés par des amateurs, déjà présentés par le passé. Aujourd'hui, ce domaine est surtout dominé par les caméras de la société Flock, qui occupent régulièrement l'actualité. La démarche de Marios Christoforou illustre cependant une alternative accessible et sobre, fondée sur des composants courants et une intelligence artificielle embarquée.
Ce type de réalisation montre comment des technologies de vision par ordinateur, autrefois réservées à des systèmes industriels coûteux, peuvent désormais être mises en œuvre avec un matériel grand public et une source d'énergie renouvelable. Pour les collectivités ou les chercheurs, l'approche ouvre la voie à des outils de mesure du trafic peu onéreux et faciles à déployer sur des sites dépourvus d'infrastructure électrique.