La société de vente internationale Fearfolks, basée à Bangkok, a acquis les droits de distribution mondiale — hors territoires de la CEI — pour « Dastur: Teris Bata », la suite du film d'horreur kazakh « Dastur ». L'accord a été conclu alors que Fearfolks lance le titre sur le marché du Festival international du film de Toronto, un rendez-vous clé pour les professionnels du secteur.
Le premier « Dastur », sorti en 2023, est devenu le film le plus rentable de l'histoire du Kazakhstan. Réalisé par un cinéaste kazakh, ce long-métrage d'horreur s'appuie sur le mot « traditions » en kazakh pour explorer des peurs ancrées dans le folklore et les pratiques culturelles locales. Son succès commercial a dépassé toutes les attentes pour une production nationale, ouvrant la voie à cette suite.
« Dastur: Teris Bata » conserve donc l'univers du film original tout en élargissant son ambition. Fearfolks, qui a bâti sa réputation sur la distribution de films de genre, entend capitaliser sur cet héritage pour séduire les acheteurs internationaux. Le marché de Toronto, où se négocient chaque année des dizaines de droits territoriaux, constitue une vitrine stratégique pour attirer l'attention des distributeurs européens, asiatiques et américains.
L'exclusion des territoires de la CEI du mandat de Fearfolks signifie que les droits pour la Russie et les pays voisins restent gérés séparément, probablement par les producteurs kazakhs eux-mêmes ou un partenaire régional. Cette structuration est courante pour les films d'Asie centrale, dont les marchés domestiques et russophones représentent une part importante des revenus.
Le succès de « Dastur » s'inscrit dans un mouvement plus large de reconnaissance du cinéma kazakh sur la scène internationale. Ces dernières années, plusieurs productions de la région ont trouvé leur place dans les festivals et sur les plateformes de streaming, portées par un public friand d'histoires locales et de genres populaires. L'horreur, en particulier, connaît un regain d'intérêt mondial, ce qui profite aux films capables de mêler traditions culturelles et codes du genre.
Fearfolks n'a pas encore dévoilé le calendrier de sortie ni les premiers territoires signés pour « Dastur: Teris Bata ». La société devrait mener des projections de marché à Toronto et entamer des négociations avec les distributeurs présents. Pour les producteurs kazakhs, l'enjeu est de transformer un succès national en percée internationale, un défi que peu de films d'Asie centrale ont réussi à relever jusqu'ici.
Le film original avait déjà attiré l'attention pour son traitement des superstitions et des rituels transmis de génération en génération. En choisissant de poursuivre cette veine, la suite mise sur une formule éprouvée : des récits ancrés dans le terroir, mais conçus pour effrayer un public universel. Reste à savoir si les acheteurs internationaux suivront, alors que le marché de Toronto s'achève dans les prochains jours.