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Ava DuVernay présente « 14th », suite engagée de « 13th », en clôture du Festival de New York

Avec « 14th », Ava DuVernay transforme le 14e amendement de la Constitution américaine en récit vivant et rappelle son actualité brûlante, à l'heure où les droits qu'il garantit sont contestés.

Ava DuVernay signe son retour au documentaire politique avec « 14th », présenté en clôture du Festival du film de New York. Ce nouveau long métrage prolonge « 13th », son film de 2016 consacré au 13e amendement et à l'incarcération de masse, qui lui avait valu une nomination à l'Oscar du meilleur documentaire. Là où « 13th » explorait l'héritage de l'esclavage dans le système carcéral américain, « 14th » se penche sur l'amendement qui a étendu la citoyenneté et l'égale protection des lois à tous les Américains après la guerre de Sécession.

Le film s'ouvre sur une série de présidents prêtant serment, de Franklin D. Roosevelt à Ronald Reagan, chacun jurant de « préserver, protéger et défendre la Constitution des États-Unis ». Un point de départ qui rappelle que ce texte fondateur est sans cesse invoqué, mais rarement compris dans sa portée concrète. DuVernay y voit un document vivant, dont l'application continue de façonner la vie quotidienne des Américains, et dont l'abandon ou la mauvaise interprétation représente un danger immédiat.

La cinéaste, connue pour sa capacité à rendre accessibles des sujets historiques complexes, évite l'écueil du cours magistral. Elle s'attache à montrer comment le 14e amendement, adopté en 1868, a servi de base à des avancées majeures : fin de la ségrégation raciale dans les écoles, droit à l'avortement, mariage pour tous, protection des personnes transgenres ou encore droits des immigrés. Autant de combats qui ont été portés devant les tribunaux en s'appuyant sur la clause d'égale protection et sur la garantie de la citoyenneté par naissance.

Le documentaire prend une résonance particulière dans le contexte politique actuel. Plusieurs de ces droits sont aujourd'hui contestés, notamment par des décisions de justice récentes et par des initiatives politiques visant à restreindre la portée du 14e amendement. Le film fait écho aux débats sur la citoyenneté par naissance, sur les politiques de diversité et sur les tentatives de révision de décisions historiques. DuVernay y voit une attaque directe contre les fondements constitutionnels de l'égalité.

La réalisatrice conserve le style qui a fait le succès de « 13th » : un montage rythmé, des archives soigneusement choisies et des entretiens avec des juristes, des historiens et des militants. Le film ne se contente pas de retracer une histoire, il la relie explicitement aux enjeux contemporains. Cette approche a valu à « 13th » d'être salué pour sa clarté et son impact, et « 14th » semble suivre la même voie, en s'adressant à un public large sans sacrifier la rigueur.

La présentation en clôture du Festival de New York, l'une des tribunes les plus prestigieuses pour le cinéma indépendant et engagé, confirme l'importance accordée à ce projet. Le film devrait ensuite être diffusé sur Netflix, comme l'avait été « 13th », ce qui lui assurera une visibilité mondiale. Pour DuVernay, il s'agit aussi de poursuivre un travail de mémoire et d'éducation civique entamé il y a près de dix ans.

En transformant un texte juridique en récit vivant, « 14th » rappelle que la Constitution n'est pas un vestige du passé, mais un instrument dont l'interprétation dépend des choix politiques et judiciaires de chaque époque. Le documentaire sort à un moment où ces choix sont plus disputés que jamais, ce qui lui confère une portée qui dépasse largement le cadre du festival.

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