Le départ de Paramount de Californie aurait des conséquences économiques lourdes pour Los Angeles. Un rapport interne du comté évalue à plusieurs milliers le nombre d'emplois menacés si le groupe dirigé par David Ellison mettait à exécution sa menace de quitter l'État, liée à l'action antitrust engagée par une coalition de procureurs généraux pour bloquer sa fusion avec Warner Bros Discovery.
Selon les estimations citées, le simple transfert du siège de Paramount et d'autres activités hors de Californie entraînerait la perte de 2 750 à 5 550 emplois-années. Un rapport divulgué de la Los Angeles Economic Development Corporation, publié par Politico, évoque un scénario bien plus large : près de 58 000 emplois et 21 milliards de dollars de pertes annuelles seraient en jeu, alors que l'échéance du 1er octobre approche pour la fusion.
La menace de départ s'inscrit dans un bras de fer juridique. Une coalition de douze États, menée par des procureurs généraux démocrates, poursuit en justice le rapprochement entre Paramount et Warner Bros Discovery, évalué à 111 milliards de dollars. Les autorités craignent que cette opération ne réduise excessivement la concurrence dans le secteur des médias et du divertissement.
Paramount a répliqué par une réponse juridique officielle. Ses avocats contestent la légitimité de l'action et estiment qu'elle « s'effondrera sous l'examen » des tribunaux. Ils soulèvent notamment que la coalition d'États n'aurait pas compétence pour réguler une telle fusion, un argument qui pourrait être débattu lors d'un procès prévu en mars.
Le groupe cible aussi le syndicat des scénaristes, la Writers Guild of America, qui s'est joint à la contestation. Paramount dénonce dans sa réponse une action antitrust qu'il juge infondée, alors que les opposants au rapprochement redoutent une concentration accrue du pouvoir dans l'industrie.
Pour la Californie et Los Angeles, l'enjeu dépasse le seul cas de Paramount. Le comté avertit que le départ du studio priverait la région d'un employeur majeur et d'un pan entier de son écosystème de production. Les pertes d'emplois ne se limiteraient pas aux salariés directs : elles toucheraient aussi les sous-traitants, les services et les commerces qui dépendent de l'activité des studios.
Le calendrier reste serré. La fusion doit être finalisée avant le 1er octobre, mais l'action en justice pourrait retarder ou empêcher l'opération. Dans ce contexte, la menace de quitter la Californie apparaît comme un levier de négociation autant qu'un avertissement économique.
Les élus locaux et les acteurs du secteur surveillent de près l'évolution du dossier. Si Paramount concrétisait son départ, la région perdrait non seulement des emplois, mais aussi une part de son attractivité dans l'industrie du divertissement, déjà confrontée à la concurrence d'autres États et pays.