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Laurent Nuñez suspend les grenades assourdissantes après la blessure d'un lycéen à Lens

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé mercredi la suspension de l'usage des grenades assourdissantes dans le cadre des manifestations lycéennes, après qu'un adolescent de 15 ans a perdu une main à Lens. Les syndicats lycéens et étudiants appellent à poursuivre les blocages et à un « acte 4 » jeudi.

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Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé mercredi la suspension de l'utilisation des grenades assourdissantes dans le cadre des manifestations lycéennes. Cette décision intervient après qu'un adolescent de 15 ans a perdu une main à Lens, touché par le tir d'une grenade par la police.

La mesure, qualifiée de provisoire par le ministère, marque un tournant dans la doctrine du maintien de l'ordre face aux mobilisations scolaires qui secouent le pays depuis plusieurs jours. Elle répond à une pression croissante après la blessure grave survenue dans le Pas-de-Calais.

Au lendemain d'une mobilisation massive dans les rues, l'Union syndicale lycéenne et l'Union étudiante ont appelé à poursuivre les blocages ce mercredi et à de nouveaux cortèges jeudi, pour un « acte 4 ». Les organisations entendent maintenir la pression sur le gouvernement de Sébastien Lecornu, qui n'est pas parvenu à apaiser la colère des élèves malgré des annonces sur Parcoursup et la suspension des cours en fin de semaine pour organiser un « temps de démocratie interne ».

La journée de mercredi est scrutée de près, alors que des blocages se poursuivent en Occitanie et partout en France. Les autorités suivent avec attention l'attitude des jeunes mobilisés, dont la détermination ne semble pas faiblir.

Selon les informations disponibles, dix-huit enquêtes de l'IGPN ont été ouvertes en lien avec les incidents survenus en marge des manifestations. Des avocats ont par ailleurs dénoncé des gardes à vue d'adolescents, ajoutant une dimension judiciaire à la crise.

La suspension des grenades assourdissantes ne concerne que le cadre du mouvement lycéen, précise le ministère. Cette restriction temporaire soulève des questions sur l'évolution de la doctrine française de maintien de l'ordre, alors que les syndicats réclament des garanties durables.

La blessure de Lens a provoqué une vive émotion et relancé le débat sur l'usage de la force par les forces de l'ordre face à un public majoritairement composé de mineurs. Le jeune blessé, âgé de 15 ans, reste hospitalisé.

Les appels à la poursuite du mouvement pour un quatrième acte jeudi pourraient prolonger une semaine de tensions sociales. Le gouvernement, déjà fragilisé par la contestation, doit désormais composer avec une mobilisation qui gagne en ampleur et en visibilité.

Les syndicats lycéens et étudiants exigent des réponses concrètes au-delà de la suspension annoncée. Ils réclament notamment l'ouverture de négociations sur les conditions de la mobilisation et le traitement des élèves interpellés.

La décision de Laurent Nuñez intervient dans un contexte où la question de l'usage des armes non létales est de nouveau posée au sommet de l'État. Le ministère de l'Intérieur n'a pas précisé la durée exacte de cette suspension, ni les modalités de son application sur le terrain.

Les prochaines heures seront décisives pour mesurer l'impact de cette annonce sur la mobilisation. Les regards se tournent vers les cortèges prévus jeudi, qui diront si la suspension suffit à apaiser une colère qui dépasse la seule question des grenades.