Les États-Unis ont franchi une étape politique importante vers la fin du changement d’heure saisonnier. Le 14 juillet, la Chambre des représentants a adopté H.R. 139, le Sunshine Protection Act of 2025, par 308 voix contre 117.
Le texte ne constitue toutefois pas encore la loi fédérale. Le 15 juillet, il a été reçu au Sénat, lu deux fois puis renvoyé à la commission du commerce, des sciences et des transports. Au 10 août, les documents officiels ne font apparaître aucun vote final du Sénat.
La réforme proposée est plus précise qu’un simple arrêt des changements d’heure. Le projet adopté par la Chambre supprimerait la disposition fédérale qui définit une période temporaire d’heure d’été et avancerait d’une heure le temps standard légal des fuseaux américains. Dans la plupart des États, l’heure utilisée aujourd’hui en été deviendrait donc la référence toute l’année.
Le droit actuel donne aux États une marge de manœuvre asymétrique. Le département américain des Transports rappelle qu’un État peut se dispenser d’appliquer l’heure d’été, mais qu’il ne peut pas choisir seul de rester en heure d’été de façon permanente. Une modification du droit fédéral est nécessaire.
C’est pourquoi plusieurs législatures locales ont adopté des textes conditionnels. Selon la National Conference of State Legislatures, citée par CNN, 19 États disposent déjà de mesures visant l’heure d’été permanente si le Congrès l’autorise.
Le président Donald Trump soutient l’idée de mettre fin au rituel semestriel et a appuyé l’approche du Sunshine Protection Act en 2026. Les promoteurs du texte insistent sur les soirées plus lumineuses, les loisirs, l’activité économique et la simplicité d’un calendrier sans changement d’heure.
Mais le consensus s’arrête dès qu’il faut choisir quelle heure garder. L’American Academy of Sleep Medicine veut elle aussi supprimer les bascules saisonnières, tout en recommandant l’heure standard permanente. L’American Medical Association défend la même option.
Leur argument repose sur la chronobiologie. La lumière du matin contribue fortement à synchroniser l’horloge interne, alors qu’une lumière plus tardive le soir peut retarder le rythme de sommeil. Une heure d’été permanente donnerait donc davantage de lumière en fin de journée, mais repousserait le lever du soleil pendant l’hiver.
Les opposants au projet de la Chambre mettent particulièrement en avant les enfants allant à l’école et les travailleurs commençant leur journée dans l’obscurité. Les partisans considèrent au contraire que le bénéfice d’une heure supplémentaire de lumière après le travail ou l’école l’emporte sur cet inconvénient.
Les États-Unis disposent déjà d’un précédent. Pendant la crise énergétique des années 1970, le pays a expérimenté une heure d’été valable toute l’année avant que le Congrès ne modifie la politique en 1974. Les matins d’hiver très sombres sont restés au cœur de la mémoire de cet épisode.
La comparaison européenne est frappante. L’Union européenne a elle aussi débattu de la suppression des changements saisonniers. Le Parlement européen a soutenu cette orientation en 2019, mais son suivi législatif de juin 2026 classe toujours le dossier comme bloqué. Le Conseil indique qu’aucune décision finale n’a été prise et que le système actuel continue de s’appliquer.
Des deux côtés de l’Atlantique, le même paradoxe apparaît donc : il existe un large mécontentement à l’égard du changement d’heure, mais beaucoup moins d’accord sur le temps permanent à adopter.
Aux États-Unis, la prochaine décision appartient désormais au Sénat. Tant qu’il n’aura pas approuvé le texte et que le processus législatif ne sera pas achevé, l’heure d’été permanente restera un projet adopté par la Chambre, et non une nouvelle règle nationale.
Image : le Capitole des États-Unis éclairé par le soleil du soir le 13 juillet 2026. Crédit image : Al Drago / Reuters via CNN Newsource.