Apple a présenté l'iPhone Duo, son premier smartphone pliable, lors d'une keynote très attendue. L'appareil, affiché à 1 999 dollars, marque l'entrée du constructeur sur un marché dominé depuis 2019 par Samsung et plusieurs marques Android. Mais c'est un détail d'interface qui a immédiatement capté l'attention du public et des observateurs : l'animation d'ouverture et de fermeture de l'écran.
Lorsque l'on ouvre ou ferme le Duo, une partie de l'affichage disparaît et réapparaît comme si elle émergeait d'un éther numérique. L'effet ne ressemble pas à un écran qui s'étend, comme sur le Pixel Fold ou le Galaxy Z Fold 8. Il évoque plutôt une plaque de verre dépoli qui se superpose à un écran déjà présent. Cette illusion optique, saluée dans les commentaires de nombreux blogueurs tech, donne à l'appareil une impression de classe à part. Pour certains acheteurs potentiels, ce simple détail pourrait peser dans le choix entre un pliable Android et l'iPhone Duo.
Le format de l'appareil explique en partie cette approche. L'iPhone Duo est plus large que la plupart des pliables concurrents, qui privilégient un design allongé produisant un écran presque carré une fois ouvert. Apple a opté pour un ratio de 1:1,4, proche d'un format passeport, à mi-chemin entre le 2:3 et le 3:4. Ce choix offre une expérience d'écran plus utilisable, que le téléphone soit ouvert ou fermé, avec un ratio constant entre les deux positions. Une continuité qui devrait faciliter le travail des designers d'interface.
Cette différence de format a aussi imposé une refonte de l'organisation logicielle. Là où l'iPhone, l'iPad et le MacBook s'appuient sur un dock horizontal en bas de l'écran, le Duo déplace ce dock sur la droite, en orientation verticale. La Dynamic Island devient elle aussi verticale. L'ensemble, qui demande un temps d'adaptation, est pensé pour un usage à une ou deux mains sans changer la position des doigts. Le bouton d'alimentation, situé sur la tranche droite, intègre également Touch ID, concentrant ainsi l'essentiel des commandes matérielles et logicielles sur la droite de l'écran. Un choix pratique pour les droitiers, mais qui pourrait faire grincer des dents les gauchers.
L'animation d'ouverture reste toutefois l'élément le plus marquant. Apple s'appuie sur l'effet de verre introduit avec iOS 26 l'an dernier. Le mouvement ressemble à celui d'une plaque de verre dépoli que l'on fait pivoter, révélant l'écran une fois le téléphone complètement ouvert ou fermé. Techniquement, l'interface n'a rien de révolutionnaire, mais cette courte séquence a suffi à captiver l'audience lors de la keynote. Elle pourrait devenir un argument de vente décisif pour un appareil dont le prix frôle les 2 000 dollars.
Le succès commercial de l'iPhone Duo reste difficile à prédire. Apple a connu des accueils mitigés avec l'iPhone Air et le Vision Pro, et la méfiance du public envers les pliables demeure. Pourtant, certains signaux incitent à l'optimisme. Le Galaxy Z Fold 8 de Samsung, affiché à 1 899 dollars, surpasse actuellement son équivalent Ultra, ce qui suggère un réel engouement pour les pliables larges et plats. À seulement cent dollars de plus que son concurrent direct, l'iPhone Duo pourrait bien cannibaliser la demande pour le Z Fold 8 et le Xiaomi 18 Fold. Son animation d'ouverture, aussi subtile soit-elle, constitue un atout supplémentaire pour convaincre les acheteurs prêts à investir près de 2 000 dollars dans un pliable.