Ségolène Royal affirme avoir franchi l’étape qui conditionnait sa participation à la primaire socialiste et démocratique. Dimanche 6 septembre, sur LCI, l’ancienne ministre a annoncé avoir obtenu les parrainages nécessaires. Cette confirmation intervient alors que le calendrier de « Choisir 2027 » est désormais fixé et que la compétition compte déjà plusieurs candidatures déclarées.
Le scrutin sera organisé entièrement en ligne. D’après le Parti socialiste, le premier tour se déroulera du vendredi 9 octobre à 8 heures au samedi 10 octobre à 20 heures. Si un second tour est nécessaire, il aura lieu du vendredi 16 octobre à 8 heures au samedi 17 octobre à 20 heures. Les adhérents des formations participant au processus pourront voter, de même que des sympathisants inscrits dans les délais.
Au 6 septembre, sept candidatures étaient publiquement engagées : Ségolène Royal, Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Philippe Brun, Jérôme Guedj, Fabien Verdier et Emmanuel Maurel. La liste montre une primaire plus large que le simple duel souvent annoncé entre Glucksmann et Faure. Elle augmente aussi l’importance des débats et des règles d’accès au vote, deux sujets sur lesquels Royal cherche déjà à se démarquer.
Premier indicateur : les parrainages. Royal a déclaré qu’ils provenaient de sensibilités différentes au sein du Parti socialiste. Elle ne se contente donc plus d’exprimer une intention de candidature ; elle affirme disposer du soutien institutionnel nécessaire pour déposer son dossier dans les délais. Pour une personnalité qui ne dirige ni le PS ni une formation alliée, cette étape est décisive.
Deuxième indicateur : la bataille médiatique. Royal a appelé ses rivaux à participer à un débat proposé pour le 16 septembre sur TF1, assurant qu’elle s’y rendrait même en cas d’absence de certains concurrents. Fin août, elle avait déjà qualifié Raphaël Glucksmann de « chouchou des médias » et s’était rangée parmi ceux qui souhaitent plusieurs confrontations avant le premier tour. La stratégie est lisible : multiplier les occasions de comparer directement les candidatures plutôt que laisser la campagne se résumer aux rapports de force préexistants.
Troisième indicateur : l’ouverture du corps électoral. Le Parti socialiste prévoit qu’un sympathisant puisse participer au vote en ligne après inscription, avec une contribution de 15 euros ou 10 euros au tarif social. Royal conteste ce niveau de participation financière et dit qu’elle aurait préféré une somme de 2 à 4 euros. Le sujet peut avoir un effet concret sur la composition du vote : le coût d’inscription influence la facilité avec laquelle des électeurs peu engagés dans les partis peuvent rejoindre la primaire.
Sur le fond, Ségolène Royal a commencé à fixer quelques repères. Elle veut, selon ses mots, « remettre de l’ordre et de la dignité dans la maison France ». Elle se présente comme la « porte-parole des sans-voix » et cite notamment la protection de l’enfance, pour laquelle elle demande une « tolérance zéro » face aux violences. Ces éléments ne forment pas encore un programme détaillé, mais ils indiquent la combinaison qu’elle cherche à installer entre autorité de l’État, protection sociale et représentation des publics qui se sentent éloignés du débat politique.
Son parcours lui donne une singularité supplémentaire. Candidate socialiste au second tour de la présidentielle de 2007, elle revient dans une primaire près de vingt ans plus tard, face à une gauche recomposée et à des rivaux qui incarnent des générations et des structures différentes. Sa notoriété est un avantage immédiat, mais elle devra être convertie en capacité de mobilisation dans un vote numérique où l’organisation militante et la participation des sympathisants peuvent peser fortement.
Les prochaines étapes sont désormais claires : dépôt définitif des candidatures, débats de septembre, inscriptions des votants, puis premier tour les 9 et 10 octobre. Pour Royal, le problème des parrainages est, selon ses propres déclarations, derrière elle. La question devient désormais quantitative et politique : combien d’électeurs acceptera-t-elle de convaincre au-delà de son socle de notoriété, et quelle place pourra-t-elle prendre dans une compétition à sept qui ne se résume déjà plus à deux favoris ?